L’embrasement généralisé, ou flashover, constitue une phase charnière
dans le développement d’un incendie en milieu clos. Il ne s’agit pas
d’un événement totalement soudain, mais plutôt d’une transition progressive
où un feu initialement localisé évolue vers un feu pleinement développé,
affectant l’ensemble des matériaux combustibles d’un volume. Cette
phase est marquée par une intensification rapide de la pyrolyse des
matériaux sous l’effet combiné du rayonnement thermique issu de la
couche chaude de fumée et de l’augmentation des flux thermiques internes.
La survenue de l’embrasement généralisé est le résultat de l’accumulation
d’énergie et de gaz combustibles dans un espace clos ou semi-ouvert,
créant les conditions critiques nécessaires à une inflammation quasi
simultanée. Ce processus dépend de plusieurs facteurs, notamment des
propriétés thermiques des matériaux, de la ventilation et de la configuration
géométrique du compartiment en feu.
Comprendre le flashover est essentiel, car il marque le passage
d’une phase de croissance maîtrisable à un incendie totalement développé,
présentant des températures extrêmes et des flux thermiques capables
de compromettre les structures environnantes. Pour les occupants,
cette transition limite fortement les possibilités d’évacuation, tandis
que, pour les intervenants, elle augmente les risques d’engagement
et nécessite des stratégies spécifiques d’anticipation et de lutte.
Dans cet article, nous proposons d’examiner les modèles empiriques
qui permettent de caractériser et de prédire l’embrasement généralisé.
Après avoir introduit les principes physiques et thermiques qui régissent
cette transition, nous présenterons les principaux modèles qualitatifs
et quantitatifs, en insistant sur leurs applications pratiques et
leurs limites dans des situations réelles.