Les gaz rares sont des éléments extrêmement volatils concentrés
essentiellement dans les réservoirs de surface de la Terre, et particulièrement
dans l'atmosphère. Leurs compositions élémentaires et/ou isotopiques,
qui ne peuvent pas être affectées par des réactions chimiques ou biologiques,
dépendent ainsi de (i) leur composition initiale/héritée (autrement
dit, la source), (ii) de contributions secondaires issues de réactions
nucléaires (radioactivité, fission, réactions de spallation), et/ou
(iii) de fractionnements dépendants de la masse liés à des processus
physiques tels que la diffusion, l'évaporation ou la condensation.
La géochimie des gaz rares est principalement utilisée comme un outil
de datation et de traçage afin de mettre en lumière des processus
géologiques autrement impossibles à distinguer. Elle permet par exemple,
de bien comprendre les processus physiques lors d’éruptions volcaniques
ou encore l’origine de certains fluides, roches ou minéraux. La composition
isotopique des gaz rares, bien caractérisée et quantifiée, que ce
soit dans l'atmosphère, la croûte terrestre, les sédiments ou le manteau,
permet de bien comprendre l’évolution d'un objet géologique au cours
du temps et de mettre en évidence des phénomènes de mélanges entre
plusieurs réservoirs. Ils apportent enfin des informations sur l'origine
et l'évolution des éléments volatils majeurs, tels que l'eau, le carbone,
l'azote, dont le traçage est difficile du fait de leur participation
à des réactions chimiques et biologiques lors de processus géologiques.
Déterminer quand, et sous quelle(s) forme(s) les éléments volatils
ont été mis à disposition à la surface de la Terre est crucial pour
mieux comprendre :
l'évolution de l'atmosphère ;
la provenance et le devenir de l'eau sur Terre ;
la mise en place de conditions favorables au développement
de la vie.
Avant d'être exploité, ce puissant outil de recherche nécessite
toutefois, de maîtriser la totalité de la chaîne analytique, à savoir :