La microfluidique est définie comme la manipulation de petits
volumes de fluides (10
–9
à 10
–18
L) dans des
canaux de dimensions micrométriques (< 100 μm). Ce changement
d’échelle entraîne des modifications de paradigme sur les propriétés
des liquides, mais aussi la possibilité de miniaturiser des procédés
de fabrication, de caractérisation, d’étude et de manipulation qui
occupent habituellement un espace de laboratoire conséquent.
Ces adaptations ont fait l’objet de nombreuses études initiées
dans les années 1970 : procédé de séparation en chromatographie gazeuse,
miniaturisation de procédé d’électrophorèse, applications qui se diversifient
aujourd’hui et répondent notamment aux enjeux du milieu pharmaceutique.
Que ce soit la synthèse en flux continu, le criblage d’actifs, le
contrôle qualité de produits, la formulation de médicaments innovants,
ou la conception d’organes-sur-puce, la microfluidique permet d’aborder
ces thématiques avec des nouvelles contraintes, mais aussi des perspectives
intéressantes ; diminution des volumes et des réactifs, sûreté des
procédés, contrôle des dimensions, diminution des coûts… sont autant
d’avantages investigués à travers cette fiche.
Commercialiser un nouveau médicament est un processus long (entre
10 et 20 ans) et complexe. Il faut dans un premier temps identifier
et produire une molécule active (phase de découverte), puis dans un
second temps (phase de développement : synthèse, formulation, évaluation)
la transformer en un produit susceptible d’être approuvé par les autorités
de santé, qui pourra ensuite être commercialisé (phase de commercialisation).
Dans cette optique, les avantages de la microfluidique dans les étapes
d’identifications d’une cible thérapeutique avec des enzymes ou des
cellules, la synthèse de principe actifs, la formulation galénique,
l’administration de médicaments, et également les aspects diagnostiques
via des
Points-of-care
(tests au plus près du
patient) sont mis en avant. Les différentes puces utilisées (flux
continu, flux discontinu en gouttes ou puits, capillarité, et microaiguilles),
ainsi que le niveau de maturité de ces microtechnologies pour chacune
des étapes sont discutés. Les verrous et les limites, telles que la
difficulté de miniaturiser les systèmes de transport de liquide et
les systèmes de détection, le contrôle qualité, et l’augmentation
de la production sont analysés.
Le lecteur trouvera en fin d’article un glossaire et un tableau
des sigles utilisés.