Le transport a considérablement évolué ces vingt dernières années. Parmi les multiples facteurs explicatifs de cette évolution, le développement de la logistique dans les sociétés industrielles et commerciales, couplé aux mouvements de déréglementation et de dérégulation du secteur des transports, est probablement l’un des plus significatifs. Le transport, secteur d’activité à part entière, est en effet l’une des nombreuses opérations qui constituent les chaînes logistiques organisées par les sociétés qui expédient, transfèrent et reçoivent des produits. Le choix des modes de transport, l’organisation et les rythmes des échanges résultent donc pour elles d’une conception globale de la circulation physique. En fait, on ne peut séparer le transport de la logistique, ni la « traction » (ou le transport proprement dit) des opérations « connexes » (manutention, stockage…). D’une part, l’offre de transport (notamment au travers des facteurs : prix, disponibilité, vitesse, fiabilité, flexibilité, contraintes d’exploitation) incite à construire certains dispositifs logistiques et a notamment un impact sur le nombre de sites industriels et logistiques, leur lieu d’implantation, le niveau des stocks ou les fréquences des réassorts. D’autre part, les pratiques et principes de la logistique suggèrent au transport, voire exigent de lui, des évolutions pour mieux répondre à la « demande » des entreprises et de leurs clients.
Pour étudier les relations entre système d’information logistique et transport, il nous semble important de présenter les principales tendances en matière de logistique, en particulier dans le domaine des systèmes d’information. Car si la logistique, entendue comme « technologie » (car combinant techniques, savoirs et pratiques organisationnelles) de « pilotage des flux », s’intéresse principalement aux
flux physiques
(c’est-à-dire les flux de marchandises : des matières premières et emballages aux déchets, en passant par les en-cours, les produits finis, les pièces détachées, les produits de PLV – publicité sur le lieu de vente – ainsi que les produits à recycler), c’est grâce aux
flux d’information
qu’elle parvient à « piloter » les flux physiques. Le
système d’information et de communication
(noté par la suite
SIC
) devient donc l’élément central du dispositif logistique. Les chaînes logistiques étant par nature multiacteurs et multi-sites, le SIC a pour principale mission d’assurer la cohérence de ces ensembles complexes d’opérations que les entreprises cherchent à synchroniser. Il intervient à tous les stades du processus décisionnel : la prévision et la planification d’activité, le déclenchement de la circulation, le suivi et le pilotage...