Pourquoi consacrer tout un article aux pièces de rechange, et qui plus est un article relativement long ? C’est la question que le lecteur sera peut-être tenté de se poser. Pourquoi accorder tant de place à des choses aussi banales que des vis, des fusibles ou des voyants, car c’est la vision simplifiée qu’on aurait parfois des pièces de rechange. Nous avons pourtant tous entendu parler, à un moment ou à un autre, d’usines dont le fonctionnement est handicapé pour cause d’insuffisance du stock de pièces de rechange, ou même qui tombent en panne en raison de l’absence d’une pièce de rechange essentielle (situation hélas ! banale dans nombre de pays en voie de développement) ; nous avons aussi entendu parler des problèmes logistiques de pays en guerre recherchant, parfois avec beaucoup de difficultés, des pièces de rechange pour leurs chars, leurs navires ou leurs aéronefs. Ces constatations banales montrent bien que les pièces de rechange sont apparemment un élément important dans le bon fonctionnement d’une unité de production, mais elles n’en expliquent pas les raisons, et elles ne donnent pas les clés pour analyser le problème. Nous expliquerons donc pour commencer pourquoi les pièces de rechange jouent un rôle important dans la maintenance, et nous ferons ensuite une présentation d’ensemble du contenu de cet article.
On peut dire de façon schématique que tout « bien » industriel (ou plus généralement tout bien produit par la technique) est composé d’éléments constituants dont les caractéristiques générales (plans, tolérances, matériau utilisé, traitements divers..) et les spécifications d’interface avec les éléments voisins sont définies avec précision et que le respect de cette définition précise de chaque composant est une condition impérative du bon fonctionnement de l’ensemble ; c’est du moins ainsi que les choses devraient se passer. Cette philosophie de la définition d’un bien est donc à peu près
incompatible avec l’idée de « réparation »
d’une pièce endommagée ou périmée, parce que la réparation entraîne à peu près forcément des modifications de ces caractéristiques, donc des risques de dysfonctionnement.
Le maintien d’un matériel dans des conditions de fonctionnement satisfaisantes, le maintien si l’on préfère de sa « sûreté de fonctionnement » suppose donc que tout composant qui n’est plus conforme à ses spécifications, soit par suite d’un accident, soit du fait de l’usure entraînée par le fonctionnement, soit parce que l’âge a modifié ses caractéristiques (cas des pièces en caoutchouc), doit être remplacé par un élément neuf, ou à la rigueur reconditionné de façon à retrouver
l’intégralité
des caractéristiques initiales. Insistons encore sur le fait que cette identité de...