« On aurait pu penser que depuis « l’affaire » Perrier en 1982 qui obligea l’entreprise à détruire 250 millions de bouteilles, les entreprises agroalimentaires auraient mis en place des mesures visant à les protéger de tels désastres ». Ainsi s’exprimait Henri Hadida en 2006 dans son article : « Traçabilité en milieu industriel » publié par les Techniques de l’Ingénieur (TR570). À l’évidence, cette affaire n’était pas isolée. L’auteur notait en effet que « ce cas d’école a été suivi par d’autres : les canettes de Coca-Cola ou les problèmes de listeria dus à des fromages. C’est avec l’apparition de la « vache folle » et la chute de la consommation de bœuf que la traçabilité s’impose comme une nécessité permanente au niveau alimentaire ». Certes, de l’analyse de ces cas, on aurait pu conclure (hâtivement) que la traçabilité ne concernait à l’époque que de grandes entreprises multinationales ou des sociétés appartenant au monde de l’agroalimentaire. « Il n’en est rien… », ajoutait Henri Hadida pour qui « les nombreuses crises mettant en cause des TPE ou PME diverses ont abouti à une exigence au niveau européen et à une prise de conscience des chefs d’entreprise ».
La traçabilité intéresse en fait l’ensemble des industries et des services, tandis que les moyens matériels et informatiques mis à leur disposition se multiplient aujourd’hui rapidement avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, le smartphone aussi performant qu’un ordinateur, les objets connectés, la reconnaissance de la parole, l’intelligence artificielle, le big data, la réalité virtuelle et toutes les futures technologies qui nous sont encore inconnues… Un exemple de cette évolution fulgurante : on apprenait en 2016 que le big data était intégré par l’éditeur JDA Software dans son système de management des transports pour apporter aux transporteurs une beaucoup plus grande visibilité en temps réel sur l’ensemble de leur supply chain. « Avec le développement massif du big data et des objets connectés, il y a une abondance de données disponibles. Si l’on y ajoute le fait que la supply chain connaît une mutation sans précédent et gagne chaque jour en complexité, la notion de visibilité sur un événement récurrent est insuffisante », expliquait à cette occasion Fabrizio Brasca, VP Solution Strategy, Intelligent Fulfillment chez JDA.
À l’évidence, les évolutions technologiques actuelles nécessitaient une refonte de l’article de 2006, ce qui a conduit les Techniques de l’Ingénieur à publier deux nouveaux articles :