L'évaluation des
compétences
(des laboratoires, des organismes d'inspection, des certificateurs de produits, etc.) par des tiers indépendants s'est étendue à de nouveaux domaines d'analyse ou d'essais, à un tel point que l'on peut se demander si la machine ne s'emballe pas. La compréhension de textes rédigés à la fin des années soixante-dix pour leur première version est-elle transférable tel qu'aux personnels des domaines concernés aujourd'hui ? Il semblerait que cette extension, couplée au renouvellement des générations, puisse compliquer la vie des entreprises (y compris celle des laboratoires). Le bon sens paysan qui guidait les rédacteurs des premières versions a-t-il cédé le pas à une approche plus technocratique ou pas ? C'est un débat qui ne sera pas détaillé plus avant.
Avec l'ouverture de l'
accréditation de laboratoires
intervenant dans ces « nouveaux » domaines, tels que les analyses agroalimentaires, celles de la chimie des pétroles, les analyses relatives aux domaines vétérinaire et plus récemment les analyses médicales, la problématique du raccordement des résultats de mesure à un système cohérent d'unités, dans l'objectif de pouvoir comparer les résultats produits par les laboratoires, a évolué. Des aspects prévus de longues dates par les exigences normatives se rencontrent de plus en plus souvent lors des évaluations de laboratoires ou d'organismes d'inspection. Il s'agit des situations où la
traçabilité
aux unités du système international d'unités SI n'est pas techniquement évidente, de celles qui font appel à des références définies au moyen d'une procédure spécifique, ou encore de celles basées sur des « étalons » consensuels. Ces cas dits « difficiles » s'appuient sur l'utilisation de
matériaux de référence MR
.
Bien que les normes offrent une grande flexibilité en matière de gestion et de maîtrise des matériaux de référence, de nombreuses questions se posent aux utilisateurs préparant une première évaluation de la compétence. Cette flexibilité n'apparaît pas aussi évidente aux laboratoires faisant leurs premiers pas vers une accréditation. À tel point que cette simple question «
comment utiliser les matériaux de référence ?
» a été posée lors d'une réunion de commission de normalisation par l'un des experts membre de cette commission, par ailleurs responsable d'un laboratoire d'essais accrédité. Il semble donc utile de rappeler les possibilités offertes par les normes.