L’énergie thermique, ou chaleur, est la forme d’énergie exogène
la plus ancienne exploitée par les êtres humains à la suite de la
domestication du feu. Elle reste, avec la pression, un processus de
transformation dominant dans les procédés industriels. Elle peut être
utilisée telle quelle, pour produire de l’électricité, ou stockée.
Le stockage consiste à préserver une quantité de matière contenant
de l’énergie ou une quantité d'énergie produite, pour une utilisation
ultérieure. L'idée est d'assurer l'équilibre production/consommation
et d’optimiser les coûts en réduisant les pertes. Les technologies
de stockage de la chaleur sont reconnues aujourd’hui parmi les plus
prometteuses pour le déploiement d'un mix énergétique « intelligent »,
intégrant davantage de ressources énergétiques renouvelables.
À l’échelle macroscopique, trois principes physiques permettent
à certains matériaux d’emmagasiner (ou libérer) la chaleur, sans se
décomposer :
– la chaleur sensible
lors d’une chauffe (ou refroidissement)
dans une plage de température donnée ;
– la chaleur latente
qui se manifeste, à température
quasi constante, lors de transformations d’états (solide/solide, solide/liquide,
liquide/gaz, etc.) des matériaux dits « à changement de phases » (MCP) ;
– la chaleur thermochimique liée à la dissociation/recombinaison
de deux matériaux lors de réactions thermochimiques endo- et exothermiques ;
cas d’une transformation solide/gaz en général.
Le stockage par chaleur « sensible », le plus utilisé au cours
de l’histoire, est le moins onéreux. Déjà, les Romains avant notre
ère exploitaient l’hypocauste, ancêtre du chauffage central alimenté
au charbon de...