Bien que les modèles de quantification de la fiabilité du logiciel
soient un sujet controversé, ils restent les seuls à permettre une
évaluation objective du niveau de fiabilité obtenu en fin de développement.
Dans la pratique, ce point n’est jamais explicitement traité, ou est
abordé de manière subjective, ou encore est remplacé par des exigences
sur le processus de réalisation. Dans tous les cas, les techniques
de substitution utilisées ne permettent pas d’avoir une idée précise
du risque que l’on prend en mettant un logiciel en opération, ce qui
est, par essence, le but de la quantification de la fiabilité.
Cet article décrit les fondements théoriques de la quantification
de la fiabilité du logiciel et en explique les modes d’utilisation.
Il s’efforce de lever les principales réticences rencontrées vis-à-vis
de la quantification de fiabilité du logiciel en expliquant notamment
le processus qui est à l’origine de l’apparition des défaillances
et la manière dont les mathématiciens ont proposé de le modéliser.
Il explique également comment les donneurs d’ordre pourraient mettre
en œuvre des exigences de fiabilité du logiciel qui concourraient
nettement à obtenir une meilleure qualité opérationnelle des composantes
informatiques des systèmes complexes qu’ils acquièrent.
L’objectif de l’article est de montrer que la modélisation de
fiabilité est une technique statistique valide et applicable aux logiciels
quelle que soit leur nature : logiciels embarqués, logiciels temps
réel, logiciels de système d’information de tout domaine. L’article
fait également un bilan des pratiques industrielles actuelles et donne
des pistes potentielles d’évolution de ces pratiques dans l’avenir.