Passée de marginale à une source d’électricité de premier plan,
l’électricité d’origine photovoltaïque a vu une baisse importante
et continue de son coût de production au cours des deux dernières
décennies qui lui a permis de se retrouver parmi les solutions de
production les moins chères au monde. De nombreux pays voient leur
part de production d’électricité liée au photovoltaïque augmenter,
avec aujourd’hui quelques pour-cent, voire plus, de leur mix électrique.
Son succès est en partie lié à sa simplicité et à sa robustesse :
des semi-conducteurs, optimisés optiquement et électriquement, sont
exposés au soleil et produisent une électricité pratiquement proportionnelle
à l’éclairement reçu. Cette apparente simplicité et les retours d’expérience
existants montrent que la durabilité peut dépasser les 25-30 ans dans
la majorité des cas ; ce chiffre est d’ailleurs repris par les fabricants
de modules photovoltaïques dans leur garantie de production, ce qui
en fait des objets du quotidien ayant l’une des garanties les plus
longues.
En 2026, le photovoltaïque est donc vu comme une source d’électricité
décarbonée, peu onéreuse, variable mais fiable, avec un risque de
défaillance limité. Ces points expliquent la démocratisation rapide
de cette énergie partout dans le monde, avec des taux de croissance
annuels souvent au-delà des 20 % par an depuis les années 2000. Toutefois,
ce taux de croissance signifie également que cette énergie reste jeune
avec la moitié des capacités installées dans le monde qui a moins
de trois ans. Les retours d’expérience des systèmes du siècle dernier
sont plutôt positifs mais le contexte technico-économique engendre
des pressions sur la filière, régulièrement en surcapacité de production,
qui se retrouve poussée à baisser ses coûts de fabrication pour survivre
tout en poursuivant l’amélioration de ses performances (i.e. l’augmentation
de son rendement de conversion). Ces contraintes permettent au photovoltaïque
d’atteindre des coûts extraordinairement bas, mais aussi d’augmenter
les risques de défauts de fiabilité par certains raccourcis de fabrication,
par une mauvaise maîtrise de nouvelles technologies ou par le choix
de matériaux certes à bas coûts mais incapables de résister aux contraintes
environnementales durant plusieurs dizaines d’années.
Ces « accidents » restent rares, mais la diversification des procédés
et des matériaux utilisés pour améliorer le rendement de conversion
en continu à des coûts toujours plus bas reste d’actualité. Pour limiter
ces accidents, il n’est pas possible d’attendre plusieurs dizaines
d’années pour confirmer que tout ira bien ! Plusieurs étapes peuvent
être suivies pour sécuriser les meilleurs composants. Il faut tout
d’abord avoir une idée précise de la composition d’une centrale solaire
et en particulier...