Les matériaux des réacteurs nucléaires électrogènes à eau sous
pression (REP) ont été choisis pour leurs caractéristiques mécaniques,
mais aussi pour leur résistance à la corrosion. Néanmoins, la majorité
des problèmes de dégradation des matériaux survenus, en service ont
été dus à des problèmes de corrosion, principalement de corrosion
sous contrainte, survenus soit en milieu nominal (ce qui fait l'objet
de l'article
[BN 3 755]
), soit dans des
milieux contaminés de façon progressive ou transitoire par des impuretés,
ce qui fait l'objet de la présentation ci-dessous.
Les générateurs de vapeur installés dans les années 1970-1980
ont été de loin les composants les plus atteints par des phénomènes
de corrosion due à l'accumulation progressive d'impuretés contenues
dans leur eau alimentaire. Les tubes en alliage 600 de ces générateurs
de vapeur ont notamment subi, du côté secondaire, une combinaison
de phénomènes de corrosion intergranulaire et de corrosion sous contrainte,
généralement intergranulaire, qui a conduit d'abord au bouchage de
nombreux tubes, puis au remplacement progressif de la majorité (de
tous en France) des générateurs de vapeur de première génération.
La présence transitoire d'oxygène, en général liée à des procédures
de remplissage du circuit primaire à la fin des périodes d'arrêt des
tranches, est également à l'origine de la fissuration sous contrainte,
généralement transgranulaire, d'aciers inoxydables austénitiques dans
des zones confinées, notamment des bras morts, où des traces d'impuretés,
principalement d'ions chlorure et sulfate, peuvent également être
présentes, du fait d'une mauvaise propreté de certaines surfaces,
ou de la présence de ces ions dans certains matériaux de joints ou
de presse-étoupes. Cette dernière forme de dégradation est récurrente
mais constitue un problème limité, loin d'être aussi critique que
celle des tubes de générateurs de vapeur.