D’une façon générale, le recyclage des matières d’origine industrielle commence par la récupération, c’est-à-dire la collecte des rebuts et déchets, et leur transformation en matières premières « secondaires » (MPS) consommables par l’industrie. Il se termine par la consommation des MPS en concurrence avec les matières premières vierges.
Le premier paragraphe montre que
le recyclage présente une image inversée de celle de la production industrielle
et que les schémas habituels de raisonnement ne s’y appliquent pas.
Le second paragraphe présente le recyclage des métaux ferreux, montrant son importance mondiale. Le consommateur largement dominant est la sidérurgie et tout particulièrement les aciéries électriques. Les matières recyclées sont elles-mêmes minoritaires par rapport au minerai pour la production d’acier. Le recyclage des métaux ferreux récupérés sous forme de «
ferraille
» existe depuis des siècles car son état métallique a l’avantage d’éviter le coûteux passage de la forme minérale à la forme métallique. La quasi-totalité des déchets est récoltée et réutilisée suivant des méthodes variant avec le degré de développement des régions concernées. Le marché est à la fois régional pour des raisons de qualité et de ressources, et mondial pour écouler les excédents régionaux. Le débat reste dominé par la peur de manquer de ferraille de qualité acceptable et de voir son prix monter exagérément.
Le troisième paragraphe décrit les facteurs techniques gouvernant la récupération. Certains, comme les données physicochimiques et la stabilité des grands principes opératoires de la sidérurgie, sont invariants. D’autres, comme la nature des rebuts et déchets et les techniques de préparation des ferrailles, évoluent dans le temps.
Le quatrième paragraphe insiste longuement sur les paradoxes de l’économie du recyclage. Le premier se situe dans le processus d’adaptation de l’offre à la demande. En production manufacturière, il y a généralement adaptation de l’offre à la demande mais l’offre peut proposer un nouveau produit. En recyclage la consommation ne peut dépasser la ressource de rebuts et déchets, et on ne peut inventer une ressource. La demande doit impérativement s’adapter à la réalité de l’offre. Pur fruit du passé de la consommation, le flux de rebuts et de déchets ne se commande ni en qualité ni en quantité. L’adaptation se fait par le prix, le stockage et la rétention des matières.
Le niveau des prix de l’acier est commandé par son prix de revient, largement influencé par celui des minerais et des apports énergétiques : charbon, gaz naturel et électricité. Le niveau des prix de ferraille ne se détermine...