Selon l’Agence européenne de l’environnement (EEA), les particules
fines (diamètre inférieur à 2,5 µm) seraient responsables de plus
de 180 000 décès par an parmi les 27 pays de l’Union européenne
. L’émission
de ces particules est le résultat de diverses activités humaines :
échappement des véhicules à moteur thermique, systèmes de chauffage
par combustion (bois, fioul…) ou activités industrielles. L’air que
nous respirons est également chargé en particules émises par l’usure
de biens de consommation, les opérations de ponçage ou des pollens,
qui ne sont pas non plus sans conséquences sur la santé. La filtration
sur média poreux est couramment employée pour la protection des personnes
vis-à-vis de leur exposition à ces particules en suspension dans l’air.
Les procédés utilisant cette technique s’opèrent tant au niveau de
solutions de protection collective qu’individuelle et concernent de
nombreux secteurs d’activité : industriel, médical, tertiaire, résidentiel.
Les applications sont variées et peuvent couvrir aussi bien la filtration
des fumées de combustion que de l’air ambiant, via des masques faciaux
ou divers filtres placés au niveau des machines.
Avant les années 1960, des textiles architecturés, c’est-à-dire
tissés ou tricotés, étaient utilisés pour fabriquer des masques de
protection individuelle, même dans le domaine médical. Les matières
premières utilisées étaient naturelles, principalement le coton. Depuis
les années 1960, avec la généralisation et l’utilisation massive des
polymères à base de pétrole, les masques sont principalement constitués
de filaments synthétiques enchevêtrés de manière aléatoire, également
appelés « non-tissés ». Ces derniers possèdent une très bonne efficacité
de filtration. Ils sont plus rapides à produire que les textiles architecturés
et sont donc beaucoup moins chers. Ils sont si peu coûteux qu’ils
peuvent être utilisés une seule fois, ce qui élimine le problème du
nettoyage. Ces avantages indéniables les ont imposés comme une solution
unique pour les dispositifs de filtration, interrompant presque complètement
les recherches sur les performances des textiles organisés, dans ce
domaine. La pandémie mondiale du SARS-CoV-2 a toutefois mis en lumière
les limites du monopole de la filtration par les non-tissés, utilisés
notamment dans les masques chirurgicaux. Ces masques à usage unique
sont en effet rarement recyclés et principalement incinérés,...