La microscopie optique permet de caractériser des échantillons,
industriels ou biologiques, à une résolution de l’ordre du micromètre
sur des échelles de l’ordre du mm
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. À l’inverse de l’imagerie
de fluorescence, technique de microscopie la plus populaire en biologie
notamment, l’imagerie sans marquage utilise les propriétés intrinsèques
des matériaux et autres tissus biologiques pour en caractériser la
structure et éventuellement la fonction. Les propriétés d’absorption
de la lumière, de diffusion, c’est-à-dire la capacité d’un objet à
changer la direction d’une lumière incidente, ou encore de déphasage,
soit la capacité à retarder une lumière incidente, peuvent être utilisées
et combinées pour caractériser finement un échantillon.
De manière générale en imagerie, il est souvent souhaitable de
maximiser le volume d’observation de l’échantillon, tout en conservant
une résolution la plus fine possible. Néanmoins, la résolution axiale,
dans la direction de propagation de l’onde, décroît très vite avec
l’ouverture numérique, de telle sorte qu’il est difficile d’imager
de grands champs de vue tout en conservant une résolution axiale suffisante.
En imagerie ultrasonore, ce problème est réglé en mesurant le temps
de propagation que l’onde acoustique met pour faire un aller-retour
de la source au détecteur, afin de retrouver la profondeur d’une structure
donnée.
La tomographie à cohérence optique, ou OCT (Optical coherence
tomography) en anglais, peut être décrite comme l’équivalent optique
de l’imagerie ultrasonore. Elle permet d’imager les structures qui
rétrodiffusent la lumière- essentiellement ici dû à un contraste d’indice
optique- et de mesurer la profondeur de ces structures via la mesure
du temps de propagation des photons dans l’échantillon. Malheureusement,
ce n’est pas aussi simple en optique à cause de la trop grande vitesse
de la lumière, et il est nécessaire d’utiliser une mesure indirecte
grâce aux propriétés d’interférences optiques à faible cohérence.
Il devient alors possible de mesurer des différences de temps de propagation
entre les photons diffusés par l’échantillon et ceux réfléchis par
un miroir de référence dont la position axiale est contrôlée. Ainsi,
la résolution axiale en OCT ne dépend que des propriétés de cohérence
de la lumière et non plus des paramètres d’imagerie. Cela permet éventuellement
de maximiser les volumes d’échantillon imagés.
Cet article a pour objectif la description de la technique d’OCT,
et de comparer les différentes configurations existantes. Afin de
bien comprendre les enjeux et principes sous-jacents à cette technique,
des principes généraux de microscopie et d’interférométrie sont présentés
dans un premier temps.
Les diverses...