L'alerte mondiale avertissant du réchauffement climatique et de la fin inéluctable des énergies fossiles a propulsé la performance énergétique du bâtiment comme un enjeu majeur désormais incontournable. En effet, la consommation de chauffage, inutilement excessive, constitue un fabuleux gisement d'économies à exploiter, tandis qu'améliorer et contrôler la qualité de la construction, dans le respect de nécessités de plus en plus pressantes, est un nouveau défi que les métiers du bâtiment s'engagent à relever. Deux excellents outils se distinguent pour contribuer à la performance et assurer son expertise : l'
infiltrométrie
et la
thermographie
. Si la première dispose déjà d'un solide développement et d'une obligation réglementaire, la seconde est sur la voie de la formalisation et de la professionnalisation.
Au fil de cet article, nous évoquerons en permanence ce qui constitue la spécificité de la thermographie appliquée au bâtiment : le
risque d'erreur d'interprétation
. Parmi toutes les applications que nous avons accompagnées en plus de 30 ans de ce métier, la thermographie du bâtiment est l'application la plus captivante, donc la plus… piégeante. La technique est très simple à mettre en œuvre, et on trouve des images thermiques très aisées à interpréter. Mais, la caméra thermique ne fournit pas une cartographie de températures au sens commun de ce mot et le bâtiment est une machine thermique complexe dans un environnement évolutif : ainsi, il existe partout, sans exception, des images thermiques qui sont autant d'écueils sur lesquels les débutants, les amateurs et les donneurs d'ordre viennent bien naturellement s'échouer. Puis ils abandonnent et décrient. Qui souffre de la prétention de ses diplômes ou qui considère cette technique comme banalement évidente apprendra ici, souvent dans la surprise, que la modestie et la réflexion fine sont de mise à chaque instant.
Il est primordial de comprendre les rayonnements avant de s'aventurer à parler en termes de flux de chaleur ou de températures : la synthèse entre thermographie et thermique pourra alors se réaliser. La thermographie passionne, elle associe les atouts de l'image et ceux du mesurage ; elle en conjugue aussi les difficultés et les limites : ce qui est trop tôt expliqué, dans le feu de l'action de terrain, peut se retrouver contredit lors de l'interprétation logique et froide.
Le thermographe engage le diagnostic thermographique à l'instant opportun qui révèlera des déperditions radiatives de l'enveloppe. Le thermicien saura dans quelles conditions il obtiendra aussi les déperditions convectives. Par un nouveau concept, les irrégularités ou les défauts...