En 1984, la fabrication additive voit le jour en France et six
semaines après aux USA. En 2012/2013, en ajoutant la création d’objets
par fabrication additive contenant de la matière « active » qui évolue
en forme ou en fonctionnalité quand elle est stimulée par une énergie
convenable, on fait émerger le concept d’impression 4D, de manière
timide à l’université de Bath au Royaume-Uni et puis au MIT aux USA.
Les derniers promoteurs de cette technologie se sont exprimés sur
une rupture de même amplitude que pour la 3D. Ce qu’ils n’ont pas
perçu à l’époque, c’est que ce passage de 3 à 4D se traduisait par
de nouveaux concepts d’hyperobjets et de complexité…
Ces « objets » sont des entités complexes aux dimensions temporelles
et spatiales vastes qui ont un impact sur notre façon de penser. Pour
les « attraper », il faut focaliser notre attention sur des fragments.
Notre représentation du monde est limitée et, par suite, nous disposons
d’une faible capacité à comprendre et/ou à maîtriser des phénomènes
observés (ou simplement entrevus) du domaine, à travers de petites
tranches de connaissances scientifiques.
Dans cet espace immense à explorer, il est possible de s’appuyer
sur les savoirs acquis depuis 1984 sur la fabrication additive, mais
il est naturellement avantageux de savoir de quoi sont constitués
les éléments principaux qui constituent la fabrication 4D : matériaux,
stimulations énergétiques, interactions, état de l’environnement culturel,
technologies alternatives, épistémologie, etc. Dans le même temps,
il faudrait se poser la question d’un non-transfert depuis le contexte
scientifique actuel (ne disposant pas d’une « feuille de route » approfondie)
d’une part, et d’une absence de transfert vers la société. Peut-être
alors doit-on canaliser l’enthousiasme académique (+ 44 % de croissance
du nombre de publications annuelles) via de nouveaux matériaux actifs
utilisables et l’usage de concepts nouveaux qui acceptent des solutions
4D fiables, mais reposant sur des sciences d’ingénierie moins rigides
permettant de passer du complexe au déterminisme…
Dans le développement vers les milieux socioéconomiques de cette
technologie, les matériaux actifs disposent d’un rôle éminent qui
constituera une part importante de cet article. Mais, pour autant,
ces matériaux, purs et actifs ou associant actifs et passifs, ne sont
qu’une partie, certes essentielle d’un ensemble un peu plus vaste,
tel que celui observé dans tout objet un peu compliqué, où chaque
élément doit s’intégrer pour permettre au système technique d’être
fonctionnel. Pourrait-on accepter de réaliser un objet 4D de taille
donnée avec un dispositif de stimulation de taille mille fois plus
élevée ? On retrouve ainsi la notion d’hyperobjet. Chacun des contributeurs
au sujet des interactions...