L’expérience montre que, pour faire glisser deux corps solides l’un sur l’autre, il faut exercer une force dans la direction du mouvement relatif dite
force de frottement
; en outre, l’observation des corps après un mouvement relatif important révèle le plus souvent que leur volume a diminué dans la zone de contact : c’est le
phénomène d’usure
. Usure et frottement sont donc deux phénomènes étroitement liés, étudiés par la
tribologie
, mais leurs relations mutuelles sont loin d’être toutes comprises actuellement et dépendent fortement, et souvent de manière peu intuitive, des conditions de contact (pression, vitesse relative...), de l’environnement (température, humidité...) et des matériaux impliqués : ainsi le changement d’un des deux matériaux peut amener une baisse du frottement, mais une augmentation de l’usure. Ces deux phénomènes sont très importants sur le plan pratique. Dans le cas, par exemple, d’un palier sec, le frottement conditionne l’énergie dissipée dans le contact et donc les pertes énergétiques dans le palier ; l’usure détermine la durée de vie du palier.
Les polymères sont de plus en plus employés dans des applications mettant en jeu leurs
propriétés tribologiques
: paliers, engrenages, freins, joints, prothèses orthopédiques, semelles de ski... Par ailleurs, un grand nombre de produits en polymères ou revêtus de films minces polymères doivent présenter une bonne résistance à la formation de
rayures
produites par la mise en contact avec des particules « libres » ou des objets : carrosseries d’automobiles, verres de lunettes, corps d’appareils électroménagers... La conception de ces pièces nécessite donc une bonne connaissance de leurs performances tribologiques. Les problèmes de frottement des polymères sont traités dans l’article
Frottement des plastiques
; par ailleurs, l’article
Essais rhéologiques et thermiques
présente les divers essais tribologiques...