Parvenir à réaliser des mesures sur les assemblages de combustible d’uranium, directement dans les piscines de désactivation des centrales nucléaires est un objectif complexe mais utile pour multiplier efficacement les mesures et les applications.
Aujourd’hui pour pouvoir mesurer la pression ou la composition interne des gaz de fission d’un crayon, il est nécessaire de procéder à des opérations lourdes et générant une exposition radiologique pour les intervenants (extraction du crayon à analyser, transport du crayon avec un emballage spécialisé et soumis à agrément de l’Autorité de sûreté nucléaire, réception du crayon dans un laboratoire spécialisé pour pouvoir analyser le gaz contenu à l’intérieur, puis mise en déchet du crayon).
Une mise en œuvre directement en piscine de désactivation permettrait donc d’éviter des opérations lourdes, coûteuses et sensibles d’un point de vue sûreté nucléaire/radioprotection et de diminuer la production de déchets nucléaires.
Ces dernières années, EDF, IES et le fabricant de sonde SONAXIS ont donc travaillé conjointement pour progresser vers cet objectif, ce qui a impliqué des travaux conséquents pour optimiser le traitement du signal et réaliser des capteurs opérationnels suffisamment miniaturisés pour permettre une utilisation dans le faisceau d’un assemblage combustible. Des travaux ont également été réalisés pour démontrer qu’une mise en œuvre des sondes sans assistance manuelle directe dans une configuration proche d’une intervention sur assemblage en piscine de désactivation de combustible était possible. Il a notamment été nécessaire d’aboutir à un design de porteur prototype permettant de maîtriser le positionnement et la force d’appui du capteur sur un crayon. Enfin, différentes configurations de crayons, représentatives du parc EDF (épaisseurs de tubes, ressorts, niveau d’oxydation), ont été testées et les impacts sur la mesure ont été quantifiés.