Les matériaux poreux ou pulvérulents sont présents dans la nature,
les infrastructures, et les procédés industriels. Le sol, le béton,
le plâtre sont des structures poreuses, tandis que des matériaux poreux,
sous forme de sphères, d’extrudés, ou de membranes, sont utilisés
pour la séparation des gaz, la purification des liquides, l’analyse
par chromatographie ou la catalyse.
Dans tous ces domaines, où l’adsorption est souvent au cœur du
procédé, il est important de quantifier à la fois l’étendue de la
surface réactive, et la distribution de taille des pores et, si possible,
d’avoir aussi une idée de l’organisation morphologique et topologique
de la structure poreuse. En effet, l’efficacité d’un procédé dépend
à la fois d’une thermodynamique favorable, et de conditions de transport
faciles. Par exemple, l’affinité et la capacité d’adsorption sont
favorisées par une grande aire spécifique, qui est généralement obtenue
par une diminution de la taille des pores, alors que cette diminution
est défavorable au transport.
L’optimisation des procédés passe donc par une connaissance approfondie
de la texture des matériaux utilisés, en termes d’aire spécifique,
de distribution de taille des pores, et d’organisation du réseau poreux.
Dans ce contexte, les principales méthodes de caractérisation de la
matière divisée sont fondées sur l’adsorption gazeuse, en général
diazote ou argon à basse température. Ces méthodes permettent d’accéder
à l’aire spécifique de la plupart des matériaux divisés, mais ne donnent
accès à une distribution de taille de pore fiable que dans les domaines
microporeux (< 2 nm) et mésoporeux (2-50 nm).
Il est clair que la plupart des sites actifs pour beaucoup de
matériaux d’aire spécifique élevée se trouvent dans ce domaine micro-mesoporeux,
mais l’utilisation de ces matériaux dans un procédé requiert une mise
en forme (sphères, granulés, monolithes) dans laquelle des macropores
(tailles supérieures à 50 nm) sont présents, et particulièrement importants
pour les propriétés de transport. Il faut donc disposer de méthodes
capables d’effectuer ce type de caractérisation : évaluer la taille
des pores de l’échelle nano à l’échelle macro.
C’est le cas de la porosimétrie au mercure, objet de cet article,
qui est fondée sur les phénomènes capillaires, telle l’adsorption
d’azote, et qui permet d’analyser la taille des pores de quelques
nanomètres à quelques centaines de micromètres. Le principe est simple :
le mercure est un liquide non mouillant de la surface de la plupart
des matériaux, et il faut donc exercer une pression sur celui-ci pour
le faire entrer dans un pore. Cet article présente la relation simple
entre la pression d’intrusion exercée sur le mercure et la taille
du pore considéré : la mesure du...