RÉSUMÉ
La thermogravimétrie est la technique la plus adaptée à l’évaluation de la cinétique des réactions hétérogènes de type solide-gaz. Elle permet d’en expliquer le déroulement pour in fine déterminer l’équation de vitesse et les mécanismes réactionnels. Cet article présente d’abord les éléments de base de la cinétique hétérogène en décrivant les systèmes réactionnels solide-gaz et les processus fondamentaux qui régissent leurs transformations. Le concept de l’étape déterminante est rappelé et l’équation générale de la vitesse qui en découle est précisée. Cette dernière est confrontée à une équation simplifiée mais néanmoins très répandue dans la bibliographie. Enfin les méthodes expérimentales préconisées pour l’obtention de données cinétiques fiables et interprétables sont présentées.
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AUTEUR(S)
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Michèle PIJOLAT
: Professeur Centre SPIN, Laboratoire Georges Friedel – CNRS UMR 5307, École des mines de Saint-Étienne, Saint-Étienne, France
INTRODUCTION
La thermogravimétrie est la technique la plus largement utilisée pour déterminer la
vitesse de réaction d'un solide massif ou divisé
lorsqu'il se transforme par décomposition thermique ou réaction avec un ou plusieurs gaz. Elle s'utilise dans de nombreux domaines d'application qui vont des procédés chimiques pour les solides divisés jusqu'à la corrosion haute température des matériaux. Modéliser le déroulement d'une réaction hétérogène à partir des processus fondamentaux – germination et croissance – fait appel à la
cinétique hétérogène
, discipline exigeante mais incontournable pour qui veut prédire le comportement d'un système solide-gaz réel quel qu'il soit, comme celui de poudres dans un four de calcination ou d'un matériau placé sous conditions corrosives extrêmes. Les progrès scientifiques accomplis depuis plus d'une centaine d'années sont essentiellement dus à l'existence de deux communautés parallèles de chercheurs : ceux travaillant dans le domaine des
procédés de transformations de solides
divisés (« génie des procédés » pour les laboratoires français et «
chemical engineering
» des anglo-saxons) et ceux travaillant dans le domaine des
matériaux
(métallurgistes, céramistes). La scission actuelle entre les deux groupes est telle que les premiers utilisent des méthodes mathématiques pour interpréter des données cinétiques obtenues en rampe de température tandis que les seconds ont posé les bases de la théorie d'oxydation des métaux en décrivant très précisément les mécanismes réactionnels à partir d'essais isothermes et isobares. Les premiers sont peu soucieux des caractéristiques physiques des poudres étudiées et recherchent la meilleure loi de vitesse apparaissant dans une « liste » de modèles reproduite d'article en article, tandis que les seconds élaborent des modélisations physiques sophistiquées mais généralement limitées à une symétrie plane. Toutefois, la transposition des connaissances d'une communauté à l'autre permet d'enrichir leurs approches respectives et surtout de généraliser les concepts de cinétique chimique en proposant une méthodologie adaptée à l'établissement de lois de vitesse prédictives tout en élucidant les mécanismes réactionnels.
L'objectif de cet article est de faire le lien entre les deux approches en revisitant la cinétique hétérogène pour fournir aux ingénieurs et chercheurs les outils nécessaires à une bonne compréhension des réactions hétérogènes dans les systèmes solide-gaz ainsi qu'à leur modélisation.
L'approche développée est destinée à l'
interprétation des courbes cinétiques expérimentales...
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MOTS-CLÉS
Mécanismes réactionnels
| Cinétique hétérogène
|
| Procédés chimiques
| Corrosion haute température
Lecture en cours
Thermogravimétrie - Étude cinétique des réactions dans les systèmes solide-gaz