Machines polyphasées à plus de deux courants indépendants

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Machines polyphasées à plus de deux courants indépendants

Auteur(s) : Éric SEMAIL, Franck SCUILLER

Date de publication : 10 décembre 2025 | Read in english

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RÉSUMÉ

Cet article traite des machines polyphasées à plus de deux courants indépendants en mode sain. Les courants de phase sont périodiques et identiques, mais déphasés d’un même angle entre deux phases consécutives. Le nombre de phases est défini selon les perceptions des concepteurs de la machine, du convertisseur ou du contrôleur.

Par approche vectorielle, une machine à bobinage symétrique et saillance rotorique négligeable se comporte comme plusieurs machines fictives monophasées ou diphasées, magnétiquement découplées mais mécaniquement couplées, chacune sensible à une famille d’harmoniques temporels spécifique.

Cette approche est une base pour le contrôle vectoriel des entraînements polyphasés, avec courant sinusoïdal ou non, autorisant des performances supérieures aux systèmes triphasés.

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AUTEUR(S)

  • Éric SEMAIL : Professeur des universités - ENSAM (Laboratoire d’électrotechnique et d’électronique de puissance, Lille, France)

  • Franck SCUILLER : Maître de conférences (HDR) - École Navale, ENSAM (Institut de recherche et d’études navales, Brest, France)

 INTRODUCTION

Contexte « historique » et économique : le nombre de phases comme paramètre de conception

Historiquement, le transport de l’énergie électrique économiquement efficace a conduit à l’adoption des systèmes triphasés à courant alternatif sinusoïdal. Les bobinages des machines électriques à courant alternatif, directement connectées au réseau, se devaient alors d’être triphasés et optimisés pour des grandeurs alternatives à formes sinusoïdales. Pour les applications nécessitant des entraînements performants à vitesse et couple variables, l’électronique de puissance et le contrôle vectoriel numérique ont permis naturellement et progressivement (de 1970 à 2010) à ces mêmes machines triphasées à grandeurs alternatives sinusoïdales de s’imposer par rapport aux machines à courant continu.

Avec l’électrification massive des transports et dans un contexte de transition énergétique, les machines électriques doivent idéalement être moins gourmandes en matières premières et leurs procédés de fabrication moins complexes, notamment pour l’étape de réalisation du bobinage : se doter de plus de paramètres de conception est bienvenu. Or, pour une machine alimentée par un onduleur, un nombre de trois phases n’est absolument plus une nécessité. Augmenter le nombre de phases devient un paramètre de conception. Il apparaît alors judicieux de maîtriser non seulement la conception des bobinages pour ces machines à plus de trois phases, mais aussi le contrôle de leurs courants qui ne sont plus, dans le principe, assujettis à la forme sinusoïdale.

Contexte « fonctionnel » : tolérance à défaillance et même qualité du couple avec moins de contraintes

Les bobinages des machines électriques dont la fonction est la création d’un champ magnétique tournant au sein de l’entrefer à partir de courants alternatifs, constituent la pierre angulaire des machines électriques.

Avec deux courants indépendants et 3 fils à connecter, les machines triphasées classiques constituent la solution minimale pour atteindre cet objectif. La solution la plus simple pour garantir par contrôle vectoriel un couple sans pulsation réside alors dans l’alimentation par des courants sinusoïdaux d’un bobinage caractérisé par une fonction de bobinage elle-même sinusoïdale, mais dans l’espace.

Avec une machine triphasée, il y a donc contrainte tant lors de l’alimentation que lors de l’étape de conception. Avec l’augmentation du nombre de phases, la même qualité de couple pourra être obtenue par contrôle vectoriel avec plusieurs harmoniques présents temporellement et spatialement, le nombre autorisé d’harmoniques augmentant avec le nombre de phases. De ce fait, les contraintes diminuent tant lors de l’alimentation (courants...

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MOTS-CLÉS

machines polyphasées   |   transformée de Concordia/Clarke   |   machines fictives   |   pôles lisses   |   bobinage symétrique   |   contrôle vectoriel

DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v1-d3645

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