La transition énergétique du secteur des transports constitue
l’un des défis majeurs du XXI
e
siècle. Alors que les émissions
mondiales de gaz à effet de serre (GES) continuent de croître, le
transport représente aujourd’hui près de 25 % de ces émissions, avec
une dynamique particulièrement préoccupante dans le fret. Parmi les
différents modes, le transport ferroviaire demeure de loin le plus
vertueux : il ne contribue qu’à une fraction marginale des émissions
du secteur, tout en assurant une part significative des volumes transportés.
À l’échelle mondiale, ses émissions sont estimées à environ 95 MtCO
2
par an
, soit moins de 1 % des émissions énergétiques mondiales. En Europe,
le ferroviaire représente 3 MtCO
2
. Une part notable
de ce total provient néanmoins du fret tracté par locomotives diesel,
dont la décarbonation reste un enjeu prioritaire.
En France, un paradoxe illustre bien les marges de progrès possibles :
près de 80 % des trains-kilomètres de fret diesel sont effectués sous
caténaires (en 2018)
. Cette situation traduit à la fois des rigidités techniques,
des arbitrages économiques défavorables et une absence de cadre incitatif
suffisamment structurant pour encourager l’usage de la traction électrique.
Pourtant, le rail dispose d’un potentiel considérable pour contribuer
à la décarbonation du transport de marchandises, à condition de repenser
ses modèles technologiques, économiques et réglementaires, afin de
valoriser pleinement ses atouts environnementaux.
Dans ce contexte, l’industrie ferroviaire...