Chimie des actinides - Complexes et solides en milieux aqueux

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Chimie des actinides - Complexes et solides en milieux aqueux

Auteur(s) : Thomas VERCOUTER

Date de publication : 25 août 2021 | Read in english

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RÉSUMÉ

Les bases de la chimie des actinides en solution aqueuse sont ici présentées. Leur structure électronique leur permet d’adopter plusieurs degrés d’oxydation stables, sous la forme de cations simples et d’ions moléculaires actinyles, offrant des similitudes et des différences avec les lanthanides ou certains métaux de transition. La spéciation des actinides peut être évaluée selon une approche thermodynamique, basée sur les équilibres de formation des espèces. Après quelques rappels, nous nous attachons à présenter les principales réactions chimiques en jeu pour les actinides Th, U, Np, Pu, Am, Cm, en milieux aqueux : oxydo-réduction, hydrolyse, interactions avec des ligands inorganiques, solubilité, sorption sur des surfaces minérales, et enfin interactions avec des ligands organiques.

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AUTEUR(S)

  • Thomas VERCOUTER : Ingénieur-chercheur, expert senior - Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternative (CEA), Saclay, France - avec la contribution de Pierre Vitorge, Directeur de recherche au CEA, à la retraite.

 INTRODUCTION

Les actinides sont des éléments du bloc f, comme les lanthanides, et ont une position particulière dans le tableau périodique des éléments établi par Mendeleïev, insérés au niveau de la 3e colonne et de la 7e ligne. La série des éléments actinides est composée de 15 éléments, débute avec l’actinium (Z = 89) et se termine au laurencium (Z = 103). Ce sont des radioéléments, au sens que tous leurs isotopes sont instables, donc radioactifs. La durée de vie de ces isotopes est donnée par leur période radioactive ou demi-vie, elle varie considérablement d’un isotope à un autre. Des isotopes peu radioactifs de thorium (232Th) et d’uranium (238U et 235U) existent naturellement puisque leur demi-vie est comparable ou supérieure à l’âge de la Terre, respectivement 14, 4,5, et 0,7 milliards d’années. Ils se désintègrent très lentement, donnant lieu à la formation d’autres isotopes d’actinides. Ces trois chaînes de décroissance radioactive naturelle sont notées par famille 4n (232Th), 4n + 2 (238U) et 4n + 3 (235U) qui correspond au nombre de masse de tous les nucléides de la chaîne. La famille 4n + 1 dont le nucléide père est 237Np a aujourd’hui disparu car la demi-vie radioactive du 237Np est d’environ 2,1 millions d’années. En outre, des réactions nucléaires naturelles ont participé à la formation d’isotopes. On trouve naturellement les isotopes 234U, 230Th et 231Pa. Les isotopes artificiels proviennent des bombes nucléaires et des réacteurs nucléaires. Ces derniers produisent surtout les isotopes 237Np, 239Pu formés à partir de 238U, 234U et 236U formés à partir de 235U, ainsi que 238Pu, 240Pu, 241Pu, 242Pu, 241Am, 243Am et 244Cm.

La manipulation des actinides impose des précautions au regard de leur radioactivité (nature des rayonnement et activité) en suivant des exigences de sûreté et de sécurité. Travailler avec des analogues chimiques non radioactifs peut s’avérer utile, c’est pourquoi des conseils d’analogues sont indiqués dans cet article. Certains isotopes d’actinides ont toutefois une période radioactive très grande, de plusieurs milliards d’années (par exemple 4,47 milliards d’années pour 238U) ; ils présentent davantage une dangerosité chimique comme éléments lourds que radiologique. Au-delà du numéro atomique Z = 104, les éléments sont appelés transactinides ou éléments super-lourds, dont les isotopes ont des durées de vie au maximum de quelques secondes (à l’exception du dubnium dont certains isotopes ont des demi-vies de plusieurs heures).

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MOTS-CLÉS

chimie en solution   |   complexation   |   spéciation   |   oydoréduction

VERSIONS

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DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v2-bn3520

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