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« Choc chinois 2.0 » : quels secteurs français sont les plus exposés ?

« Choc chinois 2.0 » : quels secteurs français sont les plus exposés ?

Posté le par Nicolas LOUIS dans Entreprises et marchés

La Banque de France vient de publier une note dans laquelle elle s'interroge sur les conséquences de la progression des importations de produits chinois pour l'industrie française. Plusieurs secteurs apparaissent directement exposés à cette concurrence, tandis que d'autres peuvent au contraire bénéficier d'importations moins coûteuses.

La France doit-elle redouter un « choc chinois 2.0 » sur son marché intérieur ? Ce terme désigne une seconde vague de forte pénétration des exportations chinoises sur le marché mondial, après celle qui a suivi l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001. Ce pays est confronté à la fois à la faiblesse de sa demande intérieure et à l’intensification de sa guerre commerciale avec les États-Unis. La crainte d’un report des exportations chinoises vers d’autres pays, dont la France, est donc légitime. Une analyse de la Banque de France montre que plusieurs branches sont directement confrontées aux produits chinois, tandis que d’autres peuvent au contraire en tirer parti.

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Même si, globalement, l’exposition de l’industrie française à la concurrence chinoise apparaît relativement limitée, la progression des importations de biens industriels chinois est bien réelle. Leur part est passée de 9,2 % en 2017 à 10,7 % fin 2025. Cette augmentation est encore plus marquée en volume avec une hausse d’environ cinq points entre 2017 et mi-2025. Cette différence entre valeur et volume indique que les produits importés de Chine sont devenus relativement moins chers que ceux provenant d’autres pays.

Cette hausse des importations chinoises doit toutefois être relativisée, car elle n’entraîne pas nécessairement une concurrence accrue pour la production française, estime la Banque de France. Une partie des biens concernés est en effet peu ou plus fabriquée en France. C’est le cas des produits électroniques grand public, des téléphones et équipements de communication, des ordinateurs, des appareils ménagers ainsi que des articles de sport, jeux et jouets. Environ la moitié des importations françaises de ces produits provient de Chine.

La situation est en revanche différente pour les biens présentant à la fois des niveaux élevés de production nationale et d’importations, car ils se retrouvent directement exposés à la concurrence chinoise. La Banque de France a identifié cinq grands ensembles de branches soumis à ce risque. Le premier regroupe l’automobile et les équipements électriques. La Chine a fortement progressé dans les véhicules électriques, ainsi que dans certains composants stratégiques, à l’image des batteries lithium-ion. Même si les politiques publiques françaises et les barrières douanières instaurées par l’UE depuis mi-2024 contribuent à protéger le marché européen, la concurrence reste forte sur ces marchés.

La pression s’accentue dans la métallurgie et la chimie

Deux autres secteurs, déjà confrontés à un contexte difficile, subissent également la concurrence chinoise. Tout d’abord, les fabricants de produits métalliques, qui doivent faire face en plus à une hausse des coûts de l’énergie et à un ralentissement de certaines branches clientes, comme l’automobile et la construction. Ensuite, l’industrie chimique, actuellement confrontée à des coûts de production élevés et à une concurrence internationale accrue. Dans ces deux secteurs, l’augmentation des importations chinoises ne fait qu’ajouter une pression supplémentaire.

La pharmacie connaît également une montée en puissance de la Chine, d’abord dans les médicaments génériques et les substances actives, puis progressivement dans des segments plus innovants. Enfin, l’aéronautique constitue un cas particulier. Même si la filière française demeure solide et intégrée, ce qui limite les risques à court terme, la Chine affiche l’ambition de maîtriser progressivement l’ensemble de la chaîne de valeur aéronautique et de concurrencer les acteurs historiques à moyen et long terme.

À l’inverse, souligne la Banque de France, certaines entreprises françaises peuvent tirer profit d’une augmentation des importations chinoises, lorsque ces biens sont nécessaires à leurs processus de production. Moins chers, ces produits utilisés comme intrants leur permettent de réduire leurs coûts de production et donc d’améliorer leur compétitivité. Parmi ceux-ci, on peut citer les équipements électriques, les produits informatiques et électroniques, les machines, les produits métalliques, les produits chimiques et les produits en caoutchouc-plastique. Plusieurs secteurs utilisent largement ces produits dans leur production, notamment la construction, l’automobile, la fabrication de machines et d’équipements et l’agriculture. Elles pourraient donc bénéficier d’une augmentation des importations d’intrants à moindre coût.


https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/thematique/entreprises-et-marches/

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