L’hydrogène liquide est resté très longtemps un marché de niche destiné aux programmes spatiaux, à des industriels ayant besoin d’un produit de pureté élevée ou d’un stockage de secours. Mais avec la croissance du marché de l’hydrogène en vue de la transition énergétique (de 95 Mt/an en 2023, elle est estimée à 621 Mt/an en 2050), la demande se diversifie et nécessite un investissement massif pour répondre au besoin.
En effet, la liquéfaction de l’hydrogène permet une logistique allégée et un stockage volumique plus conséquent. Suivant les cas d’applications, la chaîne logistique basée sur de l’hydrogène liquide peut être moins chère que la version gazeuse. De plus, pour la mobilité lourde (camion, bateau et avion), l’autonomie requise va nécessiter d’embarquer de l’hydrogène liquide.
Les prévisions de marchés prévoient également des pays importateurs et des pays exportateurs d’hydrogène, en fonction du coût de l’énergie et de l'accessibilité aux énergies renouvelables. Pour transporter cet hydrogène sur de longues distances, plusieurs scénarios sont possibles : le combiner à d’autres molécules pour produire des carburants de synthèse ou de l’ammoniac, ou le liquéfier. Cette filière étant émergente, il est difficile de se projeter pour connaître la distribution technologique à venir pour le transport de l’hydrogène sur de longues distances.
Ainsi, la technologie de liquéfaction, connue et exploitée depuis les années 1960, connaît un regain d’intérêt. En effet, pour satisfaire les besoins croissants de la mobilité hydrogène, un accroissement de la capacité (de quelques t/j à plus de 100 t/j) des unités de liquéfaction d’hydrogène est nécessaire, ce qui ouvre de nouvelles voies quant à la configuration du procédé et à son optimisation afin de réduire le coût unitaire de production.
Comme tout procédé de liquéfaction des gaz, celui dédié à l’hydrogène repose sur des cycles de compression/détente. La structure de ces cycles est très variée en fonction de la capacité de traitement, de la méthode de production de l’hydrogène en amont et de son utilisation en aval. Cependant, la nature même de l’hydrogène ajoute des problématiques nouvelles à la technologie de liquéfaction, problématiques non présentes dans les technologies de liquéfaction de gaz plus « classiques » (azote, CO
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, méthane).
La première différence notable due à l’hydrogène est sa température de liquéfaction (20,4 K à pression atmosphérique). Cette température très basse impose de prendre des mesures pour garantir la performance de l’unité et sa sécurité. L’isolation à mettre en œuvre pour limiter les entrées thermiques est beaucoup plus conséquente et toute la partie du procédé en dessous...