La gestion de la fraude est devenue l’une des préoccupations majeures
des entreprises, plus globalement des organisations, confrontées à
une forte augmentation de ce phénomène dans de nombreux secteurs d’activités.
À titre d’exemple, les fraudes aux organismes complémentaires santé
ont augmenté de plus de 181 % entre 2023 et 2024 selon certaines études
(Assurance maladie, études sectorielles). Selon des entretiens réalisés
par les auteurs en 2023 et 2024, une telle tendance s’est également
confirmée dans d’autres domaines : dans le domaine de l’octroi de
crédit, les transactions frauduleuses, s’appuyant souvent sur de faux
documents ainsi que sur de vrais documents mais dans le cadre de schémas
d’usurpation d’identité, constituent des schémas désormais fortement
répandus. Dans le secteur des télécoms, l’utilisation de fausses coordonnées
bancaires en vue d’obtenir un téléphone avec l’achat d’un forfait
a pu également constituer un schéma très usité. Dans le secteur du
logement et des activités locatives, il n’est désormais plus rare
de constater des dossiers intégrant des éléments « en partie falsifiés »
(majoration de revenus pour garantir la validation d’un dossier par
exemple).
Face à l’augmentation de ce phénomène, les différents secteurs
ont pu structurer peu à peu une démarche de lutte contre la fraude
en mettant en œuvre de réelles stratégies de lutte contre la fraude
. Ces stratégies
peuvent être orientées sur la formation des collaborateurs pour permettre
une meilleure détection
, mais aussi autour de la communication interne et externe
permettant à la fois la prévention et la détection des situations
les plus à risque en associant les parties prenantes internes (collaborateurs
confrontés aux opérations) mais aussi externes (clients pouvant être
confrontés à des fraudes, fournisseurs), et ce dans une logique d’appropriation
croisée par tous