Quand les hommes se trouvent dans une situation nouvelle, ils s’adaptent et changent. Mais aussi longtemps qu’ils espèrent que les choses pourront rester en l’état ou faire l’objet de compromis, ils n’écoutent pas volontiers les idées neuves.
« Ce qui nous arrête, c’est la peur du changement. Et pourtant, c’est du changement que dépend notre salut. »
« Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés et ceux que nous aurons su vouloir accomplir. »
Jean MONNET
La question posée par l’industrialisation de la construction cristallise toutes les interrogations soulevées par nos concitoyens vis-à-vis de leur cadre de vie. En effet, si le caractère urbain de nos sociétés semble irréductible, les insatisfactions sont nombreuses et font pour le moins débat.
L’objet de ce dossier est d’organiser l’exposé des différents points de vue de manière à rendre plus cohérent une discussion qui doit aboutir à proposer des recommandations d’action tout en évitant des échanges foisonnants et démobilisateurs.
Notre environnement bâti fait question mais c’est aussi la raison d’être du premier secteur industriel français qui est celui du BTP. Il est donc indispensable de confronter à la fois les attentes des utilisateurs et celles des professionnels de la construction. C’est la raison même du titre de ce dossier. La construction est un enjeu majeur de la société civile mais elle constitue par ailleurs une activité productive dont il est nécessaire de réfléchir aux finalités et aux contributions à une dynamique collective.
La perspective retenue est moins celle de l’urbanisme que celle de l’efficacité d’une filière industrielle.
— En quoi les acteurs du bâti peuvent-ils apporter des réponses dont la valeur d’usage s’accroît tout en minimisant les impacts générés par cette activité ?
— Quelles sont les pistes de progrès envisageables compte tenu des retours d’expérience sur une cinquantaine d’années, c’est-à-dire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?
— Comment engager une dynamique de changement au sein d’une filière qui a une longue tradition et qui cultive des pratiques volontairement spécifiques ?
La tâche est d’autant plus d’actualité que la conjoncture économique actuelle n’est pas favorable à la mobilisation importante de ressources. Le manque de capacité de financement pour les infrastructures collectives est flagrant.
Or le bâti et les réseaux de communication sont par essence des biens collectifs et sont aussi très consommateurs de fonds publics, ne serait-ce que pour l’ensemble des équipements...