En droit français, la distinction entre contrats administratifs
et contrats privés est une conséquence du partage fondamental que
le système juridique français opère entre le Droit public et le Droit
privé. La justification officielle de cette distinction de principe
est tirée de ce que les Administrations sont considérées comme agissant
dans l'intérêt supérieur, celui du Service Public, et comme ne pouvant
en conséquence être soumises à la loi commune. D'où la mise au point
de règles juridiques spéciales, qui sont qualifiées d'
exorbitantes
du Droit commun
parce qu'elles reconnaissent aux personnes publiques
des pouvoirs plus importants que ceux des personnes privées (prérogatives
de puissance publique) ou, au contraire, les assujettissent à des
contraintes plus rigoureuses (contraintes de Service Public).
Dans cet esprit, le
Code des marchés publics
a pour objectif,
tout à la fois, d'organiser une saine gestion des deniers publics
et d'assurer l'égalité d'accès et de traitement des candidats à la
commande publique. Cette double préoccupation se traduit par une réglementation
détaillée de la dévolution de certains types de marchés (appels d'offres,
dialogue compétitif, marchés négociés) et par l'énoncé des grands
principes gouvernant les procédures de passation, le règlement des
marchés, la sous-traitance autorisée et les garanties exigées des
titulaires.
Quant au
cahier des clauses administratives générales
applicables
aux marchés publics de travaux, c'est le document de référence déterminant
les modalités d'exécution de la plupart des marchés de travaux (de
Bâtiment ou de Génie Civil) lancés par les collectivités publiques.
C'est donc le complément logique du Code qui, lui, traite essentiellement
des procédures et des conditions de passation des marchés.