Les lasers à impulsions brèves, en permettant de délivrer des
puissances crêtes extrêmement élevées, de quelques kilowatts à quelques
dizaines de pétawatts, en un temps extrêmement court, de quelques
femtosecondes à quelques dizaines de nanosecondes, permettent une
multitude d’applications dans des domaines aussi divers que :
le marquage, le perçage, la découpe et la soudure des matériaux
à l’échelle micrométrique ;
la chirurgie réfractive de l’œil et de la cataracte ;
la production de rayons X et l’accélération de particules
pour l’imagerie et le traitement des tumeurs cancéreuses ;
l’étude des réactions chimiques ;
la physique des plasmas chauds ;
la fusion thermonucléaire par confinement inertiel ;
etc.
Il s’agit donc d’un domaine de recherche et développement très
actif en constante évolution qui motive les travaux de nombreux chercheurs
et industriels.
Suivant le domaine d’application, la source laser la mieux adaptée
devra délivrer des impulsions plus ou moins courtes, d’énergie (en
Joule) et/ou d’intensité (en W/cm
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) plus ou moins élevées,
à la cadence et la longueur d’onde les plus appropriées.
De fait, différentes techniques et différents types de matériaux
devront être souvent envisagés pour réaliser le laser qui conviendra
le mieux pour telle ou telle application, et le choix se fera, non
seulement en fonction de l’efficacité de la source laser en question,
mais aussi en fonction de sa facilité de mise en œuvre et de son coût.
Le présent article se propose ainsi de mettre l’accent sur les
techniques de déclenchement et de verrouillage de modes dites « passives »
utilisant des matériaux à absorption saturable, techniques et matériaux
permettant de réaliser des sources laser émettant du visible jusque
dans le moyen-infrarouge à des cadences très variables allant de quelques
Hz à quelques GHz.
Pour cela, la présentation sera faite en trois temps :
une première partie sera d’abord consacrée à une description
rapide et générale du mode de fonctionnement des lasers à impulsions
brèves et des différentes techniques pouvant être utilisées ;
la seconde partie sera consacrée, quant à elle, à une description
détaillée des matériaux absorbants saturables proprement dits. Il
sera d’abord question des paramètres spectroscopiques, dynamiques
et énergétiques qui les caractérisent, puis de leurs conditions d’utilisation...