Dans les installations de production d’électricité utilisant un
cycle eau-vapeur, le condenseur constitue la source froide du cycle
thermodynamique. Après avoir travaillé dans la turbine, la vapeur
est condensée par échange thermique au contact d’un faisceau de tubes
à l’intérieur desquels circule l’eau de refroidissement
[B 1 540]
. L’eau de refroidissement est prise en rivière ou en mer (circuit
ouvert) ou est elle-même refroidie par l’air atmosphérique dans un
aéroréfrigérant avant d’être réutilisée (circuit fermé).
La chimie du circuit secondaire contribue à la maîtrise de l’ensemble
des phénomènes de corrosion et de leurs conséquences (en particulier
leur impact sur la propreté des générateurs de vapeur).
Le condenseur doit donc limiter les risques de pollution par l’eau
condensée, que ce soit par introduction d’eau du circuit de refroidissement
ou par entrée d’air entraînant une dissolution de l’oxygène dans l’eau
condensée. Ainsi l’intégrité du faisceau tubulaire du condenseur joue
un rôle prépondérant dans le conditionnement chimique du circuit secondaire.
En fonctionnement, la surveillance en continu des paramètres chimiques
du circuit secondaire permet de détecter l’entrée de polluants et
participe à l’identification de leur origine. Cette surveillance a
pour objectif de détecter au plus tôt une dérive de ces paramètres
pour enclencher une recherche de l’origine de la pollution.
Lorsque cette pollution a pour origine une fuite au niveau d’un
tube du faisceau, cette recherche nécessite dans un premier temps
d’identifier le module du condenseur dans lequel le tube percé est
situé. Différentes méthodes peuvent être mises en œuvre : méthode
de scrutation par sodium-mètre, méthode de concentration sur résines
ou test global d’étanchéité par hélium.
Une fois que le module incriminé est identifié, il est isolé,
selon la configuration du condenseur, soit par arrêt de la pompe de
circulation l’alimentant en eau de refroidissement ou soit par fermeture
des vannes d’isolement situées en amont et en aval du module. Dans
le premier cas, il est nécessaire de baisser la charge de l’unité
entre 50 et 60 % de sa charge nominale afin de limiter le risque de
vibration des tubes (sauf si ce risque vibratoire est pris en compte).
Dans le second cas, ce mode de fonctionnement (avec un module isolé)
provoque une perte de rendement de l’ordre de...