Dans l’industrie bien des procédés sont générateurs de perturbations
sur les réseaux de distribution des gros sites de production. Ces
réseaux doivent répondre à des normes bien définies pour garantir
le bon fonctionnement des appareils raccordés et le confort des utilisateurs.
Les réseaux sont perturbés, soit du fait du procédé lui-même, soit
du fait des actionneurs statiques qui alimentent lesdits procédés.
Une distinction doit être faite entre les différents pollueurs
en fonction du mode d’alimentation : certains procédés sont alimentés
en direct par le réseau, d’autres nécessitent des convertisseurs...
Les laminoirs, les grosses machines à souder et certains fours à arc,
dits à courant continu, ne sont pas raccordés directement sur le réseau,
des convertisseurs alternatif/continu, à thyristors ou IGBT assurent
l’interface. L’intérêt de ces convertisseurs c’est le contrôle du
courant, qui est d’autant plus efficace que l’actionneur est rapide :
à titre d’exemple, un pont de Graëtz triphasé, à thyristors, peut
répondre en une arche, soit 3,3 ms sur un réseau à 50 Hz. Un pont
de Graëtz est dit convertisseur direct, c’est avec la commutation
naturelle des thyristors, que l’on passe du réseau à la tension continue.
Les convertisseurs dits indirects comportent un convertisseur réseau
de type Graëtz, un élément de stockage, généralement un condensateur,
et un convertisseur de sortie avec des composants blocables par la
commande de type GTO ou IGBT capables de fonctionner avec des fréquences
de découpage largement supérieures à celle du réseau, donc pour la
charge le temps de réponse est beaucoup plus court que celui d’un
simple pont de Graëtz à thyristors.
C’est ainsi que, depuis une dizaine d’années, les procédés dont
la puissance est inférieure à 10 MW sont alimentés par des convertisseurs
indirects à IGBT, c’est en particulier le cas pour les gros laminoirs,
les bloomings. Quand on utilisait pour les alimenter des convertisseurs
directs à thyristors, du fait des variations de puissance réactive,
les bloomings perturbaient les réseaux, mais les perturbations étaient
équilibrées sur les trois phases, d’où le recours à des statocompensateurs
ou SVC assez simples. Avec les fours à arc alternatifs dont la puissance
peut dépasser les 100 MW, on a, en phase de fusion, des courts-circuits
monophasés, dont les effets sur le réseau sont beaucoup plus délicats
à limiter. À ce niveau de puissance, il n’est pas encore réaliste
d’envisager des alimentations avec des convertisseurs indirects, mais
il existe des fours, dits à courant continu, alimentés par des convertisseurs
directs à thyristors, sur la base de ponts de Graëtz avec quelques
évolutions topologiques destinées à réduire les variations de puissance
réactive qui sont majoritairement responsables des perturbations sur...