L’histoire industrielle – qu’elle soit récente ou non – est jalonnée d’accidents technologiques. Certains ont marqué durablement les esprits (Seveso, AZF) et ont nécessairement poussé le législateur à adapter la réglementation liée aux installations à risques. L’évolution de cette réglementation, par grandes étapes successives, poursuit depuis maintenant plusieurs décennies quatre grands axes d’amélioration :
la réduction des risques à la source ;
la gestion des situations d’urgence ;
la maîtrise de l’urbanisation ;
la concertation et la communication au public.
Ces approches sont toutes étroitement liées, qu’elles relèvent de la stricte obligation de l’exploitant à l’origine du risque ou qu’elles impliquent – à une échelle plus large – les autorités compétentes, les industriels voisins, les riverains ou le public.
Ainsi, l’étude de dangers, pierre angulaire de l’ensemble de la démarche de maîtrise des risques, permet l’articulation de ces grandes thématiques entre elles. Réalisée sous la responsabilité de l’exploitant de l’installation :
elle identifie, analyse et caractérise l’ensemble des phénomènes dangereux susceptibles de se produire et de mener à l’accident majeur : en cela, elle préside à la définition des moyens de secours qu’ils agissent en prévention ou en protection ;
elle fait également état des meilleures technologies disponibles, permettant ainsi à l’industriel de se situer au regard de celles-ci et facilitant son engagement dans la démarche de réduction du risque à la source ;
enfin, elle fournit aux administrations compétentes les éléments techniques nécessaires à la définition des zones à risques autour de l’établissement et des effets potentiels associés.
Les accidents dangereux recensés et leurs périmètres d’effet identifiés et caractérisés dans l’étude de dangers sont donc la base des plans d’urgence instaurés pour les installations dangereuses.
Ces plans d’urgence peuvent découler de la bonne application du code de l’environnement (pour les installations jugées les plus dangereuses, soumises à l’élaboration d’une étude de dangers et placées sous le contrôle de l’inspection des installations classées) ou de l’obligation de l’employeur pour les entreprises « classiques », être élaborés par l’exploitant (lorsque les conséquences des accidents prévisibles sont circonscrites au site) ou relever de la responsabilité de l’État (lorsque les conséquences des accidents prévisibles peuvent avoir des conséquences à l’extérieur...