La qualité de l'air que nous respirons a toujours été une préoccupation importante aussi bien d'un point de vue sanitaire que pour le confort de vie. D'un point de vue historique, les « beaux quartiers » se sont toujours développés au vent des villes (à Paris, par exemple à l'ouest) afin de bénéficier de « l'air pur » de la campagne. De même, il était recommandé pour les convalescents, voire pour les malades (tuberculose, par exemple), des séjours en montagne (sanatorium) ou au bord de la mer. Ces associations entre santé et qualité présumée de l'air n'étaient pas réellement basées sur des données scientifiques précises, mais plutôt sur un empirisme associant souvent à l'odeur et à la poussière un rôle pathogène.
Le développement des sciences analytiques a permis de quantifier la notion d'air pollué et d'identifier la présence de composés toxiques dans l'air, en relation avec des études épidémiologiques montrant les effets pathogènes de ces composés, ce qui a conduit à l'édiction de normes régissant les émissions de ces composés toxiques et, par voie de conséquence, à développer des méthodes de traitement de l'air afin de les éliminer.
Actuellement, il convient de distinguer les effluents destinés à être rejetés à l'extérieur (effluents industriels) et le traitement de l'air intérieur (air provenant directement de l'extérieur et éventuellement pollué ou air recyclé) en raison, d'une part, des concentrations à traiter (plus élevées dans le cas d'effluents industriels) et, d'autre part, des normes qui sont plus contraignantes pour l'air intérieur.
En ce qui concerne les effluents industriels, la nature des polluants (composés organiques volatils – COV – éventuellement chlorés et/ou soufrés, oxydes d'azote) va, bien sûr, dépendre de l'activité industrielle concernée. En général, le nombre de polluants différents à traiter est peu important, ils sont bien identifiés ou facilement identifiables, mais le traitement correspond à un débit gazeux total important (de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers de m
3
/h). Ces polluants sont souvent associés à des aérosols solides (poussières, suies) ou liquides qu'il conviendra de traiter d'une manière spécifique.
Les procédés les plus couramment utilisés sont basés sur l'
oxydation thermique à haute température
(catalytique ou purement thermique) dans des unités fonctionnant en continu. Compte tenu des débits importants à traiter et de la température nécessaire à l'oxydation totale des COV, la dépense énergétique est importante mais peut être largement réduite par récupération de chaleur et si la concentration de COV à éliminer à traiter est suffisante pour assurer l'autonomie énergétique...