Seule la maîtrise localisée des flux d’air propres peut prétendre assurer des niveaux élevés de propreté d’air autour des produits sensibles à l’aéro-contamination. Il est bien entendu possible d’obtenir globalement une bonne protection particulaire dans des grands volumes comme les ateliers de production, même ouverts aux contaminations internes (opérateurs, machines, matières premières, etc.). Mais la maîtrise localisée, appelée également « flux unidirectionnel » ou « flux dirigé », permet d’obtenir localement des niveaux de propreté en activité de « classe 5 » (de la norme
ISO 14644-1
), ou de « classe 100 » (de l'ancienne norme FED-STD-209 E) dans des ambiances atteignant difficilement des classes de propreté 100 fois moins bonnes en salle propre perturbée par l’activité (« classe 7 » de
ISO 14644-1
, ou « classe 10 000 » de FED-STD-209 E).
Ce constat est maintenant partagé par bon nombre d’industriels de l’alimentaire pour lesquels la problématique froid et condition de travail s’ajoute à celle de l’ultrapropreté. Une bonne maîtrise localisée des flux d’air propres et froids permet de maintenir une température constamment basse d’environ 4 °C au niveau des produits alimentaires en cours de traitement (plans de travail, conditionneuses, bandes convoyeuses, etc.), tout en assurant une température nettement plus élevée, d’environ 15 °C, au contact des personnes situées à proximité.
Le présent article va tout d'abord s'attacher à définir ce qu'est une protection localisée par soufflage d'air propre, puis à décrire les phénomènes physiques mis en jeu dans les dispositifs de séparation d’ambiances. Les effets de l’entraînement, du mélange et de la flottabilité seront plus particulièrement détaillés, ainsi que les ressorts du transport particulaire. Des technologies concrètes de protection localisée seront enfin présentées et décrites.