Dans la plupart des régions sismiques, l’adoption de techniques de construction visant à réduire les risques liés aux tremblements de terre apparaît comme très ancienne. Ainsi, les fouilles conduites sur le site de Taxila (Pakistan) ont mis en évidence les mesures de renforcement des fondations, lors de la reconstruction de la ville, après le séisme de l’an 25. De même, à l’époque byzantine, on a pu constater des changements radicaux dans les modes de construction, dans plusieurs villes de Syrie et d’Anatolie (réduction de la hauteur des maisons, renforcement par des charpentes en bois, suppression des murs de briques non renforcés). On trouve aussi en Chine, au Japon et dans les monuments incas, des exemples de constructions anciennes, dont la conception tient compte du risque sismique. Ces exemples anciens témoignent du fait que des concepts architecturaux et de statique des constructions étaient maîtrisés par l’Homme, il y a longtemps déjà.
Mais ce n’est qu’à une époque très récente que cette maîtrise comporte :
d’une part, le développement d’outils de calcul permettant de quantifier les sollicitations induites dans les constructions par les séismes ;
d’autre part, une formalisation des règles à suivre dans les projets de construction.
Le présent article vise à présenter l’évolution de ces règles, en exposant en détail les concepts des codes actuellement en vigueur. En particulier, le pourquoi et le comment de l’objectif « mécanisme plastique global » qui sous tend les règles favorisant la ductilité locale et globale des structures. On définit ceux-ci et on en montre des exemples d’implication pratiques. On décrit aussi les dispositions architecturales souhaitables. On rassemble les observations faites après des tremblements de terre récents qui sont susceptibles d’améliorer encore la conception des bâtiments.
Enfin, on pose le cadre législatif et réglementaire de la prévention sismique en vigueur en Europe, et ses aspects spécifiques en France.