Les incendies, qu’ils surviennent dans des bâtiments, des installations
industrielles, des dépôts logistiques ou des espaces naturels, constituent
des événements à forts impacts multiples. Historiquement, l’analyse
des risques incendie s’est concentrée sur la protection des personnes
et des biens, en intégrant les aspects économiques et réglementaires.
Cependant, au cours des dernières décennies, l’attention s’est progressivement
portée sur les conséquences environnementales des incendies, souvent
sous-estimées et parfois plus durables que les dommages matériels
initiaux (norme ISO 26367-1).
Un incendie est un processus de combustion incontrôlé générant
une large gamme de polluants chimiques et physiques. Ceux-ci incluent
des gaz (par exemple CO
2
, CO, NO
x
, SO
x
, HCN, HCl), des particules fines (par exemple PM
2,5
et
PM
10
), ainsi que des composés organiques persistants tels
que les dioxines, furannes, polychlorobiphényls ou hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAP)
. La présence de matériaux complexes (polymères halogénés ou soufrés,
matériaux de batteries…) accroît encore la diversité et la toxicité
des effluents. À ces émissions s’ajoutent des agents d’extinction
et leurs produits de décomposition, notamment les mousses, aujourd’hui
connues pour leur contribution à la pollution par les substances per-
et polyfluoroalkylées (PFAS) qui sont en cours de suppression
. Les perturbateurs
endocriniens, comme les bisphénols, phtalates et certains retardateurs
de flamme bromés, sont possiblement émis lors de la combustion de
plastiques et de mousses. Leur persistance et leur bioaccumulation
nécessitent un suivi spécifique dans l'évaluation des impacts chroniques.
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