Selon EauFrance.fr, l’ensemble des rivières françaises en métropole
représente une longueur totale de 428 906 km, soit 1,13 km de cours
d’eau par kilomètre carré de surface métropolitaine. Une telle densité
indique d’emblée l’importance de ces écosystèmes pour notre territoire.
Ils représentent des ressources essentielles pour les sociétés humaines,
tant en termes de fourniture d’eau pour la consommation, l’agriculture
ou l’industrie, que pour des ressources nutritives, des délimitations
frontalières ou des voies de communication et de transport. L’ensemble
des services que nous rendent les cours d’eau est fortement impacté
par le développement des sociétés humaines, en particulier depuis
l’accélération industrielle et l’explosion démographique il y a un
peu plus d’un siècle. Leur état écologique se dégrade sous la multiplication
des pressions physiques, chimiques et biologiques. Ainsi en 2021,
l’Agence européenne de l’environnement évaluait que seules 37 % des
masses d’eau de surface en Europe présentent un bon ou très bon état
écologique. Sur un plan quantitatif, les stress hydriques se développent.
Chaque année, 20 % du territoire européen et 30 % de la population
sont touchés, et ces chiffres risquent d’augmenter à l’avenir en raison
du changement climatique. Le constat est donc alarmant, bien que de
nombreux efforts aient été réalisés depuis une vingtaine d’années
et que l’amélioration globale de qualité des eaux de surface (cours
d’eau et lacs) soit réelle. Ainsi, selon un rapport du WWF (World
Wildlife Fund) en 2024, 67 % des masses d’eau de surface de France
pourraient ne pas atteindre l’objectif de bon état écologique fixé
pour 2027 (l’objectif initial était de 100 % en 2015). Les budgets
investis sont cependant conséquents. En effet, les dépenses annuelles
de la politique de l’eau en France sont de l’ordre de 25 milliards
d’euros par an, soit 500 Mds€ sur 20 ans, l’assainissement et
la potabilisation étant les deux principaux postes de dépenses, loin
devant les mesures de restauration environnementales proprement dites.
La situation est très hétérogène selon le type de cours d’eau :
si la qualité des fleuves et des grands cours d’eau s’est nettement
améliorée (en conséquence des progrès de l’assainissement et de la
collecte des effluents), celle des petits cours d’eau s’est, par contre,
dégradée en lien avec l’intensification des pratiques agricoles, l’artificialisation
des bassins versants, la disparition des haies… Or ceux-ci représentent
la très grande majorité des cours d’eau en France, victimes de décennies
de surexploitation de leurs ressources, qu’il s’agisse du cours d’eau
proprement dit ou de ses marges et des zones humides associées. Cet
héritage historique est préoccupant et conduit à un constat d’urgence
de mise en œuvre d’actions de remédiation des cours d’eau. Les...