L
'eau
est une source vitale pour l'humanité. De multiples usages font appel à ce milieu complexe et fragile : besoins alimentaires, utilisations domestiques, industrielles, agricoles et touristiques. La croissance démographique et une gestion souvent incontrôlée des ressources en eaux conduisent néanmoins à une situation inquiétante, non seulement du point de vue de la quantité, mais encore, et davantage sans doute, sous l'aspect de la qualité. Ainsi, les activités humaines produisent des
eaux usées
contenant des micro-organismes fécaux et divers contaminants (matières organiques, azote, phosphore, micropolluants minéraux et organiques...) dont la charge dépasse souvent le pouvoir autoépurateur des eaux réceptrices (cours d'eau...), induisant un risque pour la santé humaine et les écosystèmes.
Les nappes aquifères (eaux souterraines) n'échappent pas à cette contamination, liée dans ce cas à l'utilisation par l'agriculture de nitrates et de pesticides. On voit donc qu'un cercle vicieux s'amorce dans lequel le besoin et l'usage de l'eau douce croissent, tandis que, par rétroaction, la pollution de l'eau s'aggrave sérieusement.
Une gestion rationnelle des ressources et la prévention des pollutions constituent donc des enjeux prioritaires pour la communauté internationale. Le secteur de l'eau mobilise par ailleurs des financements très importants, que les budgets publics ne pourront seuls assumer. L'implication des utilisateurs et des usagers est donc indispensable dans le cadre d'une politique globale de protection et gestion efficace des eaux. Pour paraphraser la pensée de Riccardo Petrella, président fondateur de l'lnstitut européen de recherche sur la politique de l'eau (IERPE), l'eau n'est pas un bien marchand comme les autres, mais un patrimoine qu'il faut protéger, défendre et traiter pour éviter le problème de « pétrolisation » rendant l'eau inaccessible aux plus pauvres.
La
politique communautaire
en matière de traitement des eaux résiduaires est régie par les directives européennes 91/271/CEE et 98/15/CE. Plus récemment, l'Europe a publié une directive établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l'eau (2000/60/CE). Cette directive impose une gestion intégrée des eaux par district hydrographique et fixe des objectifs environnementaux très stricts, qui devront être atteints d'ici 2015. Ceux-ci passent notamment par une réduction drastique des rejets de polluants ou groupes de polluants présentant un risque significatif pour, ou
via
l'environnement aquatique. Enfin, trois directives traitent plus particulièrement du rejet de substances dangereuses...