La qualité de l’air que l’on respire chaque jour est essentielle
à une bonne hygiène de vie. Cette notion de qualité de l’air ainsi
que le phénomène de pollution atmosphérique associé sont étudiés depuis
très longtemps. Hippocrate, aux IV
e
et V
e
siècles
avant J.-C., soulignait déjà dans son traité sur « des Airs, des Eaux
et des Lieux » que celui qui veut approfondir la médecine doit examiner
« quels sont les vents chauds et froids, surtout ceux qui sont communs
à tous les pays, ensuite ceux qui sont propres à chaque localité ».
Hippocrate s’est ainsi attaché à montrer que les maladies, n’ayant
en apparence aucune ressemblance entre elles, avaient un seul et même
vecteur : l’air que nous respirons.
Aujourd’hui, dans le cadre de toute activité, industrielle, agricole,
naturelle ou autre, émettrice de polluants atmosphériques, il est
nécessaire d’évaluer le devenir de ces polluants et leur impact sur
la santé humaine et les écosystèmes exposés. Ces études sont généralement
réalisées dans le cadre d’
étude de risques
pour des expositions
planifiées ou chroniques, et d’
études de dangers
ou de sûreté
pour des situations accidentelles. La réalisation de ce type d’études
est une obligation réglementaire qui entre dans le cadre des autorisations
soumises aux autorités compétentes notamment pour le bon fonctionnement
des installations industrielles de type ICPE (installation classée
pour la protection de l’environnement) ou INB (installation nucléaire
de base).
Les études de risques et de dangers se basent sur la modélisation
de la dispersion atmosphérique des rejets d’effluents, soit émis par
des exutoires dédiés (par exemple cheminées d'usine), soit émis de
manière non contrôlée en cas d’accident. L’objectif est d’estimer
l’exposition des populations et des écosystèmes aux polluants rejetés,
par voie externe (exposition au panache et aux dépôts surfaciques)
ou interne (exposition par inhalation ou ingestion).
Les situations normales et accidentelles sont bien différenciées
car répondant à des objectifs différents. En effet, en situation normale
il convient de démontrer l’absence de risque d’une exposition aux
rejets de routine de l’installation. À tout rejet est associé un programme
de surveillance à l’émissaire (contrôle du rejet) et de la qualité
de l’air et des médias exposés (sol, végétaux, produits fermiers,
etc.), afin de s’assurer de l’absence d’impact sur les populations
et les écosystèmes au voisinage de l’installation. En situation accidentelle,
il convient de démontrer le bon dimensionnement des installations
et des moyens de prévention pour éviter tout risque...