L’objectif de cet article est de présenter une vue d’ensemble
des catastrophes d’origine anthropique qui menacent la sécurité ou
la sûreté des citoyens au sein de l’Union européenne. Il est le second
article d’une série dont le but est de faire un état des lieux des
menaces qui affectent la société européenne et d’étudier la réponse
qui leur est donnée sur le plan politique, scientifique et sociétal.
Dans un contexte où les Européens sont de plus en plus confrontés
à des situations d’urgence et de crises liées à des catastrophes d’origines
diverses, il devient essentiel d’aborder la complexité de la gestion
des risques de catastrophes avec un œil nouveau, tant sur le plan
de la planification d’ordre politique de cette gestion que sur le
plan opérationnel, impliquant les dimensions scientifiques et citoyennes.
Il s’agit de développer une approche qui englobe l’ensemble des acteurs
pour permettre une meilleure prévention, préparation et réponse à
des événements extrêmes, et de soutenir au mieux les efforts de reconstruction,
en se reposant sur les expériences de terrain et les avancées scientifiques
développées au niveau international, national et local. Une approche
holistique s’avère nécessaire avec toutes les difficultés qu’elle
comporte, en particulier les aspects multidisciplinaires, interculturels,
la fragmentation des connaissances, leur transfert vers les utilisateurs
(politiques, gestionnaires et primo-intervenants) et leur mise en
œuvre, ainsi que l’implication citoyenne.
Cet article examine les enseignements tirés du passé et décrit
les menaces accidentelles telles que celles liées à la perturbation
des infrastructures critiques, aux accidents industriels chimiques,
aux accidents nucléaires et radiologiques et aux événements dits « Natech ».
Les menaces d'origine humaine couvrent également les aspects liés
à la sûreté, notamment le terrorisme et les cybermenaces. Enfin, l'article
donne un aperçu des risques émergents, notamment ceux liés aux développements
technologiques, aux risques de conflits armés et à la désinformation,
et se termine par les défis et les perspectives liés au renforcement
de la résilience sociétale, à la préparation aux risques attendus
et inattendus, aux actions précoces et à la prospective stratégique
pour une meilleure anticipation. Il convient de noter en préambule
que les infrastructures critiques, les substances dangereuses et les
systèmes numériques peuvent être exposés à la fois à des accidents,
à des événements naturels extrêmes et à des actes intentionnels. Les
risques anthropiques ne doivent ainsi plus être envisagés séparément
mais plutôt comme un ensemble de menaces systémiques, interconnectées
et évolutives.