Il est bien connu que la France se situe parmi les pays les plus consommateurs de médicaments à usage thérapeutique et diagnostic humain, avec une place de 4
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au niveau mondial (après les États-Unis, le Japon et l’Allemagne) et en première position au niveau européen. En 2019, 4 000 principes actifs pharmaceutiques sont administrés dans le monde entier sur ordonnance. Que ce soit en officine (avec 2 400 principes actifs et 9 550 spécialités), en hôpital (2 150 principes actifs et 5 950 spécialités), la consommation par habitant en France est de l’ordre de 48 boîtes en moyenne par an, à la nuance près qu’entre 2004 et 2019, la consommation de médicaments par habitant a baissé de 16 % en France, alors qu’elle augmentait de 27 % en Allemagne. Cependant, la période de crise sanitaire traversée, liée à la Covid-19, a eu pour effet l’augmentation de prescriptions et de consommations de certaines classes thérapeutiques comme les médicaments des troubles mentaux, et tout particulièrement les anxiolytiques, les hypnotiques et les antidépresseurs. Cette augmentation reflète probablement l’impact psychologique important de l’épidémie de Covid-19 et de ses conséquences sociales, professionnelles et économiques.
Les nécessités de traitement et le recours aux médicaments sont reconnus en termes de santé publique, avec le développement des sciences médicales et thérapeutiques, mais interpellent la communauté scientifique sur la diffusion des composants dans l’environnement, en particulier dans l’eau et dans les milieux aquatiques. Pour des raisons écologiques certes, mais aussi en termes de santé des populations humaines, la dissémination des produits de dégradation des médicaments et de leurs résidus, par rejets directs à domicile (malgré l’existence de systèmes de collecte) ou en établissement de santé, par voie d’excrétion notamment, est l’objet de suspicion sur la contamination des milieux aquatiques (approche en écotoxicologie). En conséquence, la présence de ces résidus dans divers compartiments écologiques, même en faibles doses, est susceptible d’exposer les populations à des substances pour lesquelles les niveaux de risques sanitaires sont encore trop peu évalués.
La problématique des résidus issus de médicaments dans l’eau est d’autant plus cruciale que, d’une part les risques dits à bas bruit requièrent une longue durée de suivi pour en révéler les effets potentiels (effets retard) sur la santé humaine, d’autre part, les mélanges entre résidus, formant des cocktails entre médicaments et avec d’autres micropolluants (exemple avec les pesticides) rendent encore plus complexes les évaluations des risques sanitaires.
Dans une première partie, nous présentons l’origine des résidus issus de médicaments...