Depuis le séquençage complet du premier génome humain en 2003
par la méthode de Sanger, les technologies de séquençage à haut débit,
regroupées sous l’acronyme NGS (Next Generation Sequencing) n’ont
cessé d’évoluer. Les séquenceurs de courts fragments d’ADN qui génèrent
une très grande quantité de données avec des coûts restreints et en
un temps record, sont peu à peu remplacés par les séquenceurs de longs
fragments d’ADN. Ces machines innovantes ouvrent de nouvelles perspectives
aussi bien dans les domaines de la recherche que dans le milieu hospitalier.
De ce fait, l’approche traditionnelle de la médecine a fortement évolué
et s’oriente petit à petit vers une médecine plus personnalisée. Parmi
les nombreuses applications du NGS, le reséquençage du génome humain
cherche à décrypter le patrimoine génétique de chaque patient pour
optimiser le diagnostic et le traitement de certaines maladies.
Dans cet article, les plateformes de séquençage les plus utilisées
en 2025 seront décrites. Trois applications du séquençage dans le
domaine de la santé seront ensuite abordées. La première présentera
le plan « France médecine génomique » dans lequel plusieurs milliers
de génomes humains sont séquencés afin de déterminer une cartographie
détaillée du génome. La seconde application, appelée « métagénomique »,
permet d’étudier les familles bactériennes présentes dans notre organisme.
Des études ont en effet montré un lien probable entre la proportion
de bactéries présentes et une maladie donnée (diabète, obésité, cancer...).
Enfin, la dernière application porte sur le séquençage au niveau de
la cellule unique. Grâce à l’avancée des technologies, il est maintenant
possible d’analyser les cellules une à une pour caractériser l’hétérogénéité
d’une tumeur. Cependant, le séquençage de nouvelle génération possède
encore des verrous tels que la gestion des données générées.
Comment adapter les moyens de stockage à ces évolutions ? Quelles
sont les méthodes actuelles pour analyser et interpréter toutes ces
informations ? Enfin, l’accessibilité des séquences du génome humain
pose un certain nombre de questions éthiques. Doit-on informer les
patients sur des pathologies pour lesquelles aucun traitement n’est
disponible ? Quels sont les risques ? Comment peut-on protéger ces
données ? Quel degré de confidentialité doit-on maintenir ? Autant
de questions que le NGS soulève et auxquelles il est nécessaire de
trouver des réponses.