Confronté à un système complexe (nous appellerons ainsi toute structure, par exemple une entreprise comportant un grand nombre d’éléments interconnectés entre eux par des relations de causalité), l’être humain semble avoir du mal à analyser, à comprendre, encore moins à prédire son comportement dans le temps. Cette difficulté d’appréhension est essentiellement due à la présence de
boucles de rétroaction
au sein de presque tout système de ce type.
Que quelques-unes de ces boucles — ces cercles « vicieux » ou « vertueux », ces structures homéostatiques, régulatrices, ou au contraire explosives — interviennent simultanément ou successivement au sein d’une structure, et nous voilà impuissants à prédire le comportement dans le temps du système correspondant. Nous n’avons pas le don d’analyse, d’intuition de ce qui va se passer lorsque, au sein d’un système, plusieurs variables interconnectées jouent à la fois le rôle de cause et d’effet.
Pourtant, il y a plus de cinquante ans, est apparue une science, la cybernétique — généralisation de la théorie des asservissements —, utilisée de façon régulière dans toutes les sciences de l’ingénieur, et qui facilite l’analyse des systèmes bouclés. Son succès auprès des ingénieurs a amené certains chercheurs
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à transposer cette science au domaine des sciences humaines (au sens le plus général du terme, celui qui attire de plus en plus les jeunes ingénieurs : management, économie, structures psychologiques et sociales, urbanisme et même politique). Cette démarche, analysant d’un point de vue à la fois systémique et cybernétique le comportement de structures diverses dans de très nombreux domaines des sciences humaines, a connu un développement certain depuis quelques années et a donné naissance à une démarche spécifique, voire même à une école de pensée que son créateur — Jay Forrester — et les auteurs les plus connus ont appelé «
dynamique des systèmes
. »
Les travaux correspondants, développés maintenant dans le monde entier, concernent tous les domaines pour lesquels le temps est une variable essentielle. Citons, entre autres, les domaines suivants en insistant sur ceux qui intéressent plus particulièrement les ingénieurs :
stratégie d’entreprise et politique nationale et internationale
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finance, gestion de production, marketing, management ;
environnement, écologie, problèmes urbains, transports ;
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