L’activité de conception de systèmes représente aujourd’hui un des enjeux clés dans le domaine de la recherche et du développement en environnement industriel. Les logiques qui font référence sont essentiellement guidées par le potentiel économique que le client peut apporter à l’entreprise au travers de la vente d’un produit ou d’un système identifié comme une unité. Le système existe de par le fait qu’il est le catalyseur d’un échange d’abord commercial, avant de porter une valeur d’usage ou un besoin qui s’inscrit dans une pratique sociale. Les critères du processus de conception sont en premier lieu contraints par le potentiel de rente que le système peut apporter à l’entreprise. Les fonctions de conception et de fabrication ont ainsi tendance à être structurées pour produire en quantité des unités similaires à faibles coûts. Ce processus engendre des objets dont la double caractéristique est : d’une part l’absence de variété, et d’autre part la nécessité de les ranger dans une catégorie préexistante déjà historiquement identifiée et reconnaissable par le client, comme par exemple : des chaussures, des médicaments, une voiture. Du point de vue de l’utilisateur, les critiques les plus souvent formulées concernent des difficultés d’utilisation du système dans un environnement pas toujours prévu par le concepteur. Deux aspects majeurs apparaissent :
les fonctionnalités du produit ou du système ne correspondent pas à un réel besoin en contexte ;
l’utilisateur doit se conformer à un modèle qu’il n’est pas à même d’appréhender sans un temps long d’adaptation et culturellement à sa portée.
Ainsi, les deux extrêmes restent encore aujourd’hui par exemple des modems wifi difficilement paramétrables sans être spécialiste réseau, ou des machines entièrement automatiques qui ne se soucient plus de leurs propriétaires lors des longues mises à jour automatiques de logiciels. Au niveau de l’activité de conception, les concepteurs ont une tendance « naturelle » à se substituer aux utilisateurs. Le processus de spécification des fonctionnalités du produit ou du système est classiquement guidé par une technologie qu’ils maîtrisent à partir de leur propre champ de connaissance et de ses propres contraintes (technique, financière).
Le processus de conception a tendance à être surdéterminé par une culture industrielle sous tendue par un paradigme essentiellement
mécaniste
. Cette orientation tend à reproduire un objet sans en changer la structure d’assemblage des fonctions. La structure de base d’une voiture (ou d’un avion) n’a, par exemple, pas évoluée depuis une centaine d’années. De plus, le concepteur a encore des difficultés à penser l’ensemble...