Febvre (2015)
[TRP 4 002]
présente les principaux
éléments de la problématique de la mesure des conditions givrantes
atmosphériques dans le cadre de la certification des aéronefs par
l’EASA (European Aeronautic and Space Agency).
Pour mémoire, l’état de surfusion de l’eau (état liquide
à température négative) est un phénomène courant dans notre atmosphère
et conduit à de l’accrétion de glace sur les structures des aéronefs
lors de leur vol, accrétion qui peut conduire à des accidents. Selon
la règlementation dictée par l’EASA, les aéronefs doivent présenter
des systèmes de dégivrage ou d’antigivrage suffisamment performants
pour garantir la sécurité du vol. Cette démonstration peut s’appuyer
sur des essais en vol en conditions givrantes où les conditions nuageuses
sont mesurées afin d’évaluer leur sévérité.
La prise de conscience de l’hétérogénéité au sein d’un
même nuage de la phase des hydrométéores, ainsi que de l’existence
de grosses gouttes surfondues, impose une approche moins restrictive
sur les moyens de mesure ; elle introduit une discrimination efficace
de la nature liquide ou solide des hydrométéores rencontrés sur un
domaine de tailles allant jusqu’aux particules précipitantes.
Rappelons qu’à température négative, l’existence d’hydrométéores
solides – des cristaux de glace – est courante. Vis-à-vis de la phase
de l’eau, les nuages rencontrés à température négative peuvent donc
être soit intégralement constitués de gouttelettes d’eau liquide (état
surfondu), soit de cristaux de glace, soit d’un mélange des deux,
le diamètre des hydrométéores allant de quelques microns à quelques
millimètres. Le domaine de température où la présence de cristaux
est possible peut s’étendre à des valeurs légèrement positives si
l’on tient compte de l’inertie de la fonte de cristaux qui proviendraient
de couches atmosphériques plus froides.
Afin de qualifier les nuages (eau liquide, cristaux
ou mixte) et d’appréhender la problématique des grosses gouttes et
des cristaux, une instrumentation spécifique – un imageur – est particulièrement
pertinente en plus de l’instrumentation habituelle.
Cet article rappelle : (i) ce que l’on entend par un
nuage des points de vue de la physique et de l’aéronautique ; (ii) les
procédures de certification en détaillant les obligations ; (iii) l’instrumentation...