En 2015, la ville chinoise de Xian s’est dotée d’un spectaculaire purificateur d’air de 60 mètres de haut pour lutter contre la pollution atmosphérique. Préoccupation mondiale, la pollution atmosphérique génère des contestations citoyennes en France tout autant que dans l’ancien Empire céleste, signe d’une évolution de la mobilisation d’une partie de la société dite civile. Fin 2017, l’Agence européenne de l’environnement ouvrait un site Internet afin que chacun puisse s’informer de la qualité de l’air chez lui. L’indice européen de la qualité de l’air se base sur cinq sources de polluants : l’ozone (O
3
), le dioxyde de souffre (SO
2
), le dioxyde d’azote (NO
2
) et les particules fines en suspension (PM 2.5 et PM 10) néfastes pour la santé. De l’anglais « Particulate Matter », elles désignent les particules dont le diamètre aérodynamique est inférieur respectivement à 2,5 et 10 µm. Les revendications citoyennes visent à inciter les pouvoirs publics à mettre en place des mesures pour diminuer la concentration de ces polluants. Cependant ces logiques de mobilisation répondent à des schémas complexes en tension entre la préservation d’un bien commun et la protection d’intérêts privés, caractérisés par l’expression « not in my backyard » (NIMBY – pas dans mon jardin). Dans ce contexte, prendre des décisions pour améliorer la qualité de l’air s’avère une tâche complexe. Cela nécessite d’intégrer des facteurs sociotechniques sur des échelles de temps et d’espace difficilement conciliables avec la singularité des contestations sociales s’accompagnant, qui plus est, d’une métrologie citoyenne controversée ne répondant pas aux normes métrologiques en vigueur. La qualité de l’air extérieur est ainsi devenue un enjeu social de santé publique majeur encore trop souvent média-centrée sur les pics de pollution au détriment de la prise en compte sur le long terme de composés dont la toxicité est démontrée. Ainsi en 2016, la législation française a renforcé le rôle des intercommunalités et leur demande d’agir avec les citoyens via des actions multipartenariales. Symbole de ces évolutions, la législation intègre désormais le « A » des enjeux sur l’Air dans le nouveau Plan climat-air-énergie territorial, plus connu sous l’acronyme PCAET (anciennement PCET). Or sur le plan juridique et technique, la mise en application des lois se heurte à une double problématique. D’une part les différentes lois et plans d’actions perpétuent une sectorialisation dissociant les enjeux de santé, d’air, de climat et de société. D’autre part, les agents des services publics responsables de la mise en œuvre et les metteurs en œuvre (collectivités territoriales, entreprises du territoire, secteur socio-professionnel...