L’article
[IA 3 020]
pose les fondations. Il présente trois approches d’IA pour
la maintenance industrielle (
data-driven
,
document-driven
, hybride), une architecture agentique hyperspécialisée et des indicateurs
clés de performance (
Key Performance Indicators
, KPI) orientés
métier : fidélité à la source, rappel aux k premiers résultats (R@k),
latence au 95
e
percentile (P95) et temps moyen de réparation
(
Mean Time To Repair
, MTTR). Il montre pourquoi spécialiser,
quoi mesurer et quand s’abstenir.
Reste la question la plus concrète : comment mettre en œuvre cette
IA, du cadrage initial jusqu’au maintien en conditions opérationnelles ?
C’est l’objet du présent article. Il décrit une méthodologie structurée
en cinq étapes opérationnelles, jalonnée par des portes de décision,
et adossée à des référentiels reconnus, en particulier le corpus de
connaissances (
Body of Knowledge
, BoK) du programme Confiance.ai
et les exigences du règlement européen 2024/1689 sur l’intelligence
artificielle (
AI Act
). Ces cadres sont mobilisés comme références
de cohérence et d’exigences d’évidence, non comme des carcans : la
méthodologie Omundu conserve son ancrage terrain et sa finalité première,
un retour sur investissement (ROI,
Return on Investment
) mesurable
en atelier.
La méthode proposée s’applique à une IA d’assistance à la maintenance
industrielle, positionnée sur une chaîne séparée de toute fonction
instrumentée de sécurité (SIF,
Safety Instrumented Function
) et de tout niveau d’intégrité de sécurité associé (SIL,
Safety
Integrity Level
). Elle repose sur quatre hypothèses :
– un patrimoine documentaire existant (notices, plans, procédures,
foire aux questions (FAQ)), même imparfait ;
– une équipe de maintenance identifiée, avec des profils de compétences
hétérogènes ;
– un accès au réseau industriel en lecture seule via les protocoles...