Les enjeux de pouvoir entre la Chine et les États-Unis, les menaces
extérieures de guerres et de guerres électroniques liées au coup de
force des Russes en Ukraine, les cyberattaques faites par des États
belligérants exercent une influence significative sur notre volonté
collective de renforcer notre cyberdéfense européenne.
La directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil
du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un
niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, dite
« directive
NIS2 »
(qui complétera et améliorera la directive
NIS), se veut être un réel progrès dans la manière dont nous gérons
notre cybersécurité et notre cyberdéfense. Elle a donc été revue dans
son ensemble afin d’harmoniser nos meilleures pratiques de sécurité,
mais aussi, et surtout, afin d’accroître le niveau de maturité de
la cyberrésilience de nos entités essentielles (EE) et importantes
(EI). Cette directive considère que les EE sont des structures privées
ou publiques de plus de 250 salariés avec un chiffre d’affaires supérieur
à 50 millions d’euros. Ces structures doivent être présentes dans
des secteurs catégorisés comme étant « hautement critiques ». Elle
considère que les EI sont, elles, des structures privées ou publiques
comprises entre 50 et 250 salariés réalisant un chiffre d’affaires
entre 10 et 50 millions d’euros. Elles doivent être présentes dans
des secteurs qui ne sont pas considérés comme « hautement critiques »
pour notre pays, mais pouvant toutefois avoir un impact significatif
sur notre économie.
Pour faire face à un ensemble de menaces liées à un usage intensif
de technologies numériques de plus en plus intrusives, il convenait
de mieux protéger nos actifs les plus stratégiques. Accroître nos
exigences de sécurité et le périmètre d’évaluation des risques cyber
est, plus que jamais, une réalité au niveau européen.
Dans cet article, la directive européenne NIS2 (Network and Information
Security) sera le fil conducteur permettant de faire comprendre aux
lecteurs à quel point il est nécessaire de se protéger d’un cyberespace,
d’un Internet, parfois si hostile.
Nous verrons pourquoi NIS2 se focalise sur la capacité des États
membres de l’Union européenne à assurer leur
cyberrésilience
qui est la capacité d’un individu, d’une organisation ou d’un système
à résister, à s’adapter et à se rétablir rapidement lors d’un sinistre.
Nota :
un glossaire et un tableau des abréviations sont présentés en
fin d’article.