La veille scientifique et technique est aujourd’hui confrontée
à un paradoxe. Malgré une surabondance de l’information, son exploitation
devient de plus en complexe. En effet, chaque année, c’est plus de
3 millions d’articles scientifiques et autant de prépublications et
près de 3 millions de demandes de brevets qui sont publiés. Par ailleurs,
le délai entre les découvertes académiques et leur application industrielle
est passé dans certains domaines de plusieurs années à moins de deux ans
dans certains domaines.
Face à une telle situation, les méthodes classiques montrent leurs
limites. Les notifications automatiques produisent un bruit significatif
et la phase d’analyse reste largement artisanale.
L’IA générative, sous l’impulsion des modèles de langage de grande
taille, bouleverse ce paysage en permettant d’automatiser des tâches
à faible valeur ajoutée et en élargissant les capacités d’analyse.
Cet article dresse un panorama de l’utilisation de ces technologies
à chaque étape du cycle de veille. Ainsi, au travers de différents
cas d’usage, cet article présente ce qui fonctionne à l’heure actuelle
ainsi que les limites. Il explore également les enjeux que soulève
leur déploiement, notamment sur les aspects liés à la fiabilité, aux
coûts et à l’impact environnemental.