La quasi-totalité de la production mondiale d’acier a été faite, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, dans des usines intégrées qui ont crû tant en nombre qu’en capacité de production unitaire. Ces usines sidérurgiques sont pratiquement toujours basées sur la production de fonte à partir des minerais de fer, au haut-fourneau, et, depuis une quarantaine d’années, la conversion à l’oxygène de cette fonte en acier.
Actuellement, on assiste à la concurrence avec l’autre filière de production de l’acier basée sur la fusion des ferrailles (et, de plus en plus, des minerais de fer directement réduits, les « DRI ») au four électrique à arc.
Les usines intégrées, qui font l’objet de cet article, élaborent les deux tiers de la production mondiale d’acier. Ces usines, après une évolution vers le gigantisme et la construction d’ensemble de 15, voire 20 Mt/an d’acier, tendent à se restructurer vers des entreprises plus compactes dans la zone de 2 à 10 Mt/an. De fait les 185 usines recensées dans cette étude, pour le monde entier, ont produit, en 1997 (année record pour la sidérurgie mondiale) 523 Mt, soit en moyenne 2,8 Mt/an et par entreprise.
Les besoins en énergie ont été beaucoup diminué depuis une trentaine d’années et se situent, maintenant aux environs de 24 GJ/t d’acier laminé à chaud.
Ces besoins sont essentiellement couverts par le charbon mais, si le niveau des prix s’y prête, ce charbon peut être en partie remplacé par du gaz naturel ou du fioul. Quoi qu’il en soit, de telles usines dégagent environ 8 GJ/t d’acier laminé à chaud de gaz résiduaires qui peuvent, par exemple, servir à produire de l’énergie électrique non seulement pour les besoins de l’entreprise, mais aussi pour la vente à l’extérieur si cela est rentable dans le contexte local.
Un autre très gros effort a été fait pour améliorer la rentabilité de ces entreprises en diminuant les besoins en main-d’œuvre ce qui permet, maintenant, d’arriver à :
moins de 1,5 h/t d’acier laminé à chaud ;
ou plus de 1 000 t d’acier (toujours laminé à chaud) par personne et par an.
Cela devrait permettre de produire des bobines à chaud avec des frais de fabrication de moins de 1 200 FF ou 200 dollars des États-Unis (ou euros) par tonne. Ces valeurs augmentent beaucoup quand on tient compte des amortissements et des retours sur les investissements, très lourds pour de telles entreprises.
Comme pour l’énergie et la main-d’œuvre, de gros efforts sont faits pour diminuer l’impact sur l’environnement de telles usines.
Pour tous ces aspects, environnement, investissements, personnel et énergie, une des voies d’avenir est la simplification avec la mise en continu des diverses unités...